Fortis a récemment annoncé de surprenantes
mesures pour hâter sa restructuration : une augmentation de capital
(réservée à certains institutionnels ! ), la suppression du dividende
intérimaire et le paiement du dividende annuel en une seule fois, mais en
actions, l’étude d’éventuelles cessions d’actifs (mais qui pourraient, selon
nous ne pas rapporter autant que ce que Fortis espère, vu la santé des
marchés).
La radicalité de ces mesures n’a pas manqué de
surprendre, alors que jusqu’alors, Fortis avait cherché à se montrer serein, et laisse à
penser que la situation se dégrade plus vite qu’escompté.
De plus, dans
l'environnement de crise actuel, qui ne donne encore aucun signe de stabilisation,
les revenus du groupe souffrent, qu’il s’agisse du revenu du trading pour compte
propre, des conseils aux entreprises, de la gestion d’actifs. En outre, il
faudra encore déprécier des actifs liés à l’immobilier (subprimes…). Des
complications bien malvenues, qui viennent mettre des bâtons dans les roues de
l’intégration des actifs d’ABN Amro récemment acquis. La croissance des
résultats du groupe est donc clairement compromise.
Nous avons revu à la baisse
nos prévisions de bénéfice par action (jusqu’alors pourtant déjà pessimistes)
de 41 % pour 2008 ( nous prévoyons à présent 1,15 EUR) et
de 11 % pour 2009 (nous tablons sur 2 EUR). Nous réduisons aussi nos
prévisions de dividende pour ces prochaines années. En ce qui concerne le niveau
de risque que nous conférons au titre, vu qu’il était déjà supérieur à la
moyenne (4 ) et que les mesures annoncées devraient
permettre une amélioration des finances, nous ne l’avons pas modifié.
Selon
nos critères, l’action reste bon marché. Le groupe n’est pas en grand danger et
il ne faut certes pas vendre en panique. Au contraire, à ce niveau de cours,
l’action peut être une opportunité d’achat. Mais réservée à ceux qui n’ont pas
peur du risque, car après la surprise que nous a réservée le groupe par son
changement d’attitude, la confiance est ébranlée.