|
Lagardère (11 sept 2008)
Pas
convaincant
Déjà pénalisé par la conjoncture, le groupe pâtit d’un profil peu
avantageux pour réussir dans un secteur en mutation. L’action est trop chère.
VENDEZ.
La publication des résultats semestriels de Lagardère
confirme les difficultés du groupe : sur la base d’un chiffre d’affaires en
hausse comparable de 3,6%, le bénéfice opérationnel
de la principale division Média est en repli
de 9%. En cause, bien entendu, le ralentissement économique qui pèse sur les
ventes (notamment publicitaires) mais aussi de nouvelles réductions de valeur et
restructurations. Car, aux difficultés conjoncturelles s’ajoute un défi
structurel. Longtemps occupé à simplifier la structure du groupe (c’était un
conglomérat diversifié il y a 10 ans), Lagardère a notamment négligé le virage
du numérique. Et le retard accumulé est dur à rattraper : l’objectif timide de
10% du chiffre d’affaires du pôle magazines-audiovisuel-numérique tiré
d’Internet en 2010 est révélateur à cet égard. Pour compenser cet handicap, le
management espère séduire les annonceurs par une offre globale de médias
diversifiés. Le succès de cette démarche est néanmoins loin d’être acquis selon
nous. En matière de pays émergents (seulement 11% du chiffre d’affaires), le
groupe tente de forcer l’allure en ciblant la Russie et la Chine : une
rentabilité satisfaisante se fera là sans doute attendre. Pour finir, un motif
de satisfaction malgré tout : l’aisance financière apportée par le désengagement
progressif hors du groupe aéronautique EADS (dont le groupe détient toujours 10%
et pour lequel il est actuellement poursuivi pour délit d’initié) ne semble pas
encourager le management à procéder à de grosses acquisitions trop cher
payées.
Cours au moment
de l'analyse : 37,71 EUR
Lagardère est un groupe de médias actif dans la
presse (Elle, Paris Match,…), l’édition (Hachette, …), l’audiovisuel (Europe1…)
et la gestion des droits sportifs. Il est aussi actionnaire d’EADS à 10
%.


|