Malgré les démentis du groupe, il n’a fallu qu’un week-end pour
le quasi nationaliser, sauver les épargnants et l’emploi et éviter les dégâts
que peuvent causer les déboires d’un tel acteur sur l’économie. Recapitalisée
pour 11,2 milliards, Fortis doit aussi vendre ses actifs d’ABN Amro, payés 24
milliards. Le cours des prochains mois dépendra de ce dossier. Des rumeurs d’un
prix de 10 milliards circulent ! Cela impliquerait une perte
énorme ! Un scénario à première vue pessimiste mais qui ne nous semble pas
irréaliste : peu de candidats acheteurs se manifestent et Fortis avait
consenti un prix très élevé. Par prudence donc, nous envisageons ce scénario.
Dans ce cas, les fonds propres, estimés aujourd’hui à 6,2 EUR par action
pourraient chuter à 3,3 EUR. Une fois de plus, cela ne remettrait pas en
cause la solvabilité, mais ce ne justifierait pas un cours vraiment plus élevé
que maintenant. Car la part à présent dédiée à l’Etat limitera fortement la part
des bénéfices futurs pour l’actionnaire privé, laquelle sera quasi divisée par
deux. L’an 2008 clôturera en perte.