Les épargnants sont sauvés. Mais pour l’actionnaire, l’incertitude persiste
quant à la vente des actifs d’ABN Amro. N’achetez plus !
NE CONSERVEZ
QUE si vous êtes très spéculateur et pleinement conscients du
niveau de risque (5).
Grâce aux 11,2 milliards d’euros injectés par les autorités et suite aux
dépréciations d’actifs du 3e trimestre (5 milliards), Fortis détient 30 milliards de fonds propres. Pour
ses activités bancaires, il dépasse ainsi de 9 % ce qu’imposent les règles de
protection des déposants. Mais l’actionnaire n’est sauvé qu’à court terme ! Car
il faut encore vendre les actifs d’ABN Amro achetés pour 24 milliards. Et si le
prix obtenu n’atteint pas 12 milliards, le ratio de solvabilité souffrira. Or,
malgré le bon résultat des activités concernées, vu le manque d’acheteurs, des
prix de 6 à 10 milliards sont évoqués. Il n’est donc pas exclu qu’il faille à
nouveau trouver des capitaux (augmentation de capital ? vente d’actifs ?). En
outre, le chinois Ping An a annulé son achat des 50 % des activités gestion
d’actifs, malgré un ajustement du prix. Cela n’affecte pas plus la solvabilité
de Fortis, mais cela renforce l’incertitude quant au sort de futures cessions.
Certes, Fortis peut attendre que tout se calme avant de procéder à ces ventes,
mais s’il traîne trop, il risque de perdre le peu de confiance qu’il a regagné
et d’encore devoir raboter le bénéfice des actionnaires par une nouvelle
augmentation de capital.