L'opérateur télécoms allemand Deutsche Telekom (DT; 28,52 EUR) a annoncé pour le 1er trimestre, sur la base d'un chiffre d'affaires en hausse de 16 % (7 % hors acquisitions), une perte de 0,13 EUR par action, contre un bénéfice de 0,17 EUR au 1er trimestre 2000. En cause surtout, les investissements dans la téléphonie mobile. Pour fin 2001, DT comptera plus d'abonnés au mobile qu'au fixe, entre autres grâce à l'acquisition de l'américain VoiceStream, qui vient d'obtenir l'approbation des autorités américaines. La coûteuse politique marketing dans la mobilophonie ne sera pas renouvelée cette année, mais la croissance du nombre d'abonnés ralentira et les lourds investissements se poursuivront dans l'optique de l'UMTS, dont la rentabilité à terme est hypothétique. Or la situation financière de Deutsche Telekom reste fragile. En effet, la concurrence devrait continuer à se durcir en Allemagne, freinant les rentrées, tandis que se tarira le potentiel de ventes d'actifs pour réduire l'important endettement. A cet égard, le projet de mise en Bourse partielle de la division mobilophonie (prévue avant la fin 2001) s'avère déjà cruciale : si cela se passe mal, DT pourrait voir son "rating" (indice de solvabilité) abaissé sur le marché obligataire, ce qui l'obligerait à offrir des taux plus importants sur ses emprunts.
DT reste confiant pour 2001, mais les lourds investissements pèseront sur sa rentabilité ces prochaines années. Nous haussons nos prévisions bénéficiaires pour cette année et tablons sur l'équilibre, avant une légère perte (- 0,15 EUR par action) en 2002. L'action est correctement évaluée, mais nous n'achèterions pas, d'autant plus que les actionnaires de VoiceStream pourraient recevoir davantage d'actions DT que prévu, en raison de la chute du cours (d'où création d'actions nouvelles et donc effet de dilution) et pourraient s'en défaire massivement ensuite.