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Déclaration libératoire unique

AMNISTIE FISCALE

Début juillet 2003, le gouvernement s'était mis d'accord pour organiser une opération unique de rapatriement de fonds abrités à l'étranger. On accorderait dans certains cas une "amnistie fiscale": les particuliers qui seraient prêts à déclarer des revenus précédemment cachés au fisc, pourraient régulariser leur situation. Moyennant paiement d'une légère "pénitence",  l'argent retrouverait sa virginité. Cette décision est à mettre en relation avec la directive européenne sur la taxation des intérêts qui, suite au report de six mois, sera d'application à partir du 1/7/2005 et qui devrait inciter les Belges ayant des avoirs à l'étranger à rapatrier leur argent. La loi a été votée à la fin 2003. Son intitulé officiel est "déclaration libératoire unique" ou DLU. Dans la suite de ce dossier, nous parlerons indifféremment de régularisation, DLU ou amnistie.

Nous sommes indépendants

Contrairement aux banques et autres institutions financières, Test-Achats n’est pas partie prenante dans l'opération de régularisation. Notre seul objectif est de vous informer, de vous permettre de vous faire une idée correcte de la situation. Ce n'est pas le cas des agences bancaires.   Nous avons constaté que la plupart des banques incitent leurs clients à rapatrier leurs fonds et à mentionner beaucoup de capitaux dans leur déclaration de régularisation. Chaque banque se présente comme le meilleur conseiller, comme celle qui vous informera le mieux. Cela se comprend aisément: pour les banques belges, la DLU est une aubaine. Elles pourront atteindre des résultats bien plus élevés que par le passé. Certaines banques ont d'ailleurs relevé très sensiblement les objectifs commerciaux que doivent atteindre leurs agences en 2004.   Notez que lorsqu'on se place au niveau de la direction générale ou de l'actionnariat de la banque, cette opération n'est pas automatiquement très intéressante: étant donné que la plupart des banques belges ont une filiale au Luxembourg, l'argent qui quitterait la filiale luxembourgeoise pour venir dans une agence belge ne fera pas augmenter l'activité globale de la banque. Mais malgré cela, on assiste à une campagne de marketing sans précédent: il ne faudrait surtout pas qu'un bon client rapatrie ses avoirs chez un concurrent.  

L'amnistie: une mesure juste ?

Accorder l'amnistie fiscale aux fraudeurs: est-ce équitable vis-à-vis de ceux qui n'ont jamais voulu ou pu frauder?  Et le montant à payer par les repentis est-il suffisamment élevé ou s'agit-il réellement d'un cadeau ? Nous ne nous prononçons pas. Il s'agit d'une discussion politique qui mêle des notions éthiques, les intérêts collectifs (rapatriement de fonds vers la Belgique, avec des conséquences positives pour le budget), les intérêts du secteur financier (un grand employeur en Belgique) et les intérêts particuliers de ceux qui ont "oublié" de déclarer des revenus ou des successions. Il ne faut pas non plus perdre de vue que certains contribuables qui disposent d'avoirs à l'étranger ont hérité d'une situation qu'ils n'ont pas eux-mêmes organisée.  

Comprendre la DLU

La loi votée fin 2003 n'est pas simple à comprendre ou à appliquer au cas de chacun. En deux mots, la DLU vous permet d'utiliser au grand jour des capitaux qui se trouvent plus ou moins bloqués à l'étranger. Et même si vous n'avez plus les capitaux issus de la fraude fiscale commise, vous pouvez néanmoins vous mettre à l'abri du fisc en utilisant des capitaux "blancs" pour opérer la régularisation. Dans ce dossier, nous expliquons tout d'abord les principaux aspects de cette opération de régularisation. Vous y trouverez également une série de questions-réponses basées sur les principales questions que vous, les membres de Test-Achats, nous posez.   Ce dossier doit vous permettre de vous faire en toute indépendance une opinion aussi précise que possible sur l'intérêt que vous avez de faire une régularisation ou non. 

Les impôts régularisables

Grâce à la DLU, vous ne risquez plus de devoir payer les impôts que vous avez éludés dans le passé. Notez que si vous ne deviez rien déclarer, il ne faut rien régulariser. Et généralement, il ne faut pas régulariser la totalité de ce que vous détenez. Consultez notre page "ne régularisez pas trop".

Impôts sur le revenu

Vous avez "oublié" de déclarer des coupons et intérêts perçus à l'étranger ou vous avez fraudé des revenus professionnels: en procédant à une régularisation à concurrence de ces revenus cachés aux yeux du fisc, non seulement l'impôt éludé ne pourra plus vous être réclamé, mais aucune sanction (amende fiscale, majoration d'impôt voire sanction pénale) ne pourra vous être appliquée.

Droits de succession et droits d'enregistrement

Les droits de succession et les droits d'enregistrement sont, depuis quelques années, des matières régionales. Un accord avait été trouvé entre les gouvernements des trois Régions et le gouvernement fédéral pour mettre au point les règles de la DLU pour ces matières et pour partager les rentrées que devrait générer la DLU.
Du côté des Régions Wallonnes et de Bruxelles-Capitale, ces règles ont fait l'objet d'un décret voté par leur parlement respectif. Du côté de la Région flamande, il n'y a pas eu de majorité politique pour voter ce décret, que ce soit avant les élections régionales de juin 2004 ou que ce soit après celles-ci. Mais on a trouvé un compromis à la belge pour que, malgré cette absence de décret, la DLU puisse y sortir ses effets en matière de droits de succession et de droits d'enregistrement.
Ce compromis repose sur une interprétation de la loi selon laquelle le décret régional n'est pas absolument indispensable et sur une déclaration du ministre président du gouvernement flamand, le CD&V Yves Leterme, selon laquelle ceux qui auront participé à la DLU ne seront pas inquiétés par la suite. Bien qu'en pratique, cette solution offre le même résultat que s'il y avait un décret, elle ne présente pas le même niveau de sécurité juridique qu'un décret voté en bonne et due forme

Cotisations sociales, TVA

Les indépendants peuvent même régulariser les cotisations sociales et la TVA qu'ils auraient normalement dû payer sur les revenus non déclarés.

Le risque pénal

Par ailleurs, les "repentis" ne peuvent plus être poursuivis pénalement pour leurs écarts de conduite fiscaux et sociaux. Ce risque pénal est en général très réduit. Il ne devient considérable que pour les fraudes importantes. Rares sont les héritiers ou les indépendants qui ont été poursuivis devant les tribunaux correctionnels pour avoir omis de déclarer quelques dizaines de milliers d'euros. Le risque devient plus élevé lorsque le montant fraudé augmente, lorsque la technique de fraude est plus élaborée (recours à des sociétés dans des paradis fiscaux)  et lorsque la fraude fiscale s'est accompagnée d'autres délits: faux et usage de faux, par exemple. Notez, comme nous le verrons un peu plus loin, que lorsque la fraude fiscale particulièrement grave, elle n'est pas régularisable car il s'agirait d'un blanchiment d'argent interdit. Autrement dit, là où le risque pénal est le plus présent, il n'y a pas de régularisation possible.

Ne régularisez pas trop

Ce n'est pas parce que vous avez des capitaux à l'étranger ou des titres au porteur chez vous ou dans un coffre qu'il est utile de tous les régulariser. Il ne faut pas régulariser les sommes qui ont subi leur régime fiscal normal, ni les gains qui ne sont pas soumis à l'impôt. Pourquoi payer 6 ou 9% si vous êtes en règle avec le fisc ?  Pourquoi payer 6 ou 9% sur la totalité de votre capital lorsque plus de la moitié est en règle ?

Quelques exemples

  • Tout est blanc. Le capital de départ ne provient pas d'une fraude (il s'agit p.ex. de votre épargne ou d'un capital d'assurance-groupe), et les gains que vous avez ensuite réalisés ne devaient pas être déclarés: il n'y a rien à régulariser.
  • Capital blanc mais revenus noirs. Le capital de départ ne provient pas d'une fraude, mais vous l'avez placé à l'étranger ou vous l'avez investi dans des titres étrangers ou des euro-obligations dont vous avez perçu les coupons à l'étranger (sans prélèvement du précompte mobilier belge); on parle souvent d'argent gris. Dans ce cas, la régularisation doit être envisagée uniquement pour les revenus – intérêts et dividendes – qui auraient dû être déclarés et qui ne l'ont pas été (la régularisation n'a pas de sens pour les gains qui ne doivent de toute façon pas être déclarés).
  • Capital noir mais revenus blancs. Le capital est d'origine frauduleuse mais vous l'avez investi dans des formules dont les gains ne devaient pas être déclarés: la régularisation doit être envisagée uniquement pour le capital, pas pour les gains.

Les gains qu'il ne faut pas déclarer

Certains gains ou revenus ne doivent jamais être déclarés, soit parce qu'ils ne sont pas imposables, soit parce qu'ils ont subi le précompte mobilier belge qui est libératoire. C’est le cas de :

  • Les intérêts et dividendes d'actions belges, d'obligations émises par un émetteur belge, de bons d'État belges et d'autres titres belges (ils ont été soumis au précompte mobilier belge).
  • Les plus-values réalisées sur vos placements (ces plus-values ne sont pas imposables) ou dans le cadre de la gestion normale de votre patrimoine privé.
  • Les gains réalisés grâce à des placements dans des sicav bancaires de capitalisation; dans des fonds d'assurance ("branche 23"); dans des assurances-vie à rendement minimum garanti d'une durée de plus de 8 ans ou qui prévoient une couverture décès supplémentaire de 130% de la prime. Ces trois placements ne procurent pas de dividendes ni d'intérêts imposables.
  • Les gains réalisés dans le cadre d'un concours ou un jeu à la radio ou la télévision, dans le cadre d'une tombola, du Lotto,... et de la gestion normale de votre patrimoine immobilier et mobilier,

Les capitaux régularisables

La DLU n'a pas été conçue comme une opération de régularisation de tous les impôts fraudés, mais comme une opération de rapatriement de capitaux qui a été étendue aux titres au porteur détenus physiquement. Tout n'est donc pas régularisable. La DLU s'adresse à ceux qui ont "oublié" de déclarer par le passé des sommes, des capitaux ou des titres qui auraient dû être repris dans une déclaration de succession ou dans une déclaration de revenus. Elle ne s'applique donc par définition pas aux immeubles situés à l'étranger, aux bijoux, à l'or, ou aux oeuvres d'art dont vous avez hérité, même si vous avez revendu ces biens et placé le produit de la vente sur un compte à l'étranger.
Ce qui est régularisé doit être sous forme de capitaux ou de valeurs mobilières. Généralement, ce sont les capitaux régularisés sont ceux qui sont directement issus de la fraude, mais ce n'est pas obligatoire. Mais si vous souhaitez régulariser des déclarations fiscales incomplètes alors que vous ne disposez plus des sommes et capitaux sous une forme régularisable, vous pouvez utiliser des capitaux ou des titres blancs pour réaliser une DLU. Autrement dit, si vous avez dépensé l'argent noir mais que vous avez d'autres capitaux blancs à l'étranger et que vous craignez un contrôle du fisc, vous pouvez régulariser vos oublis ou votre fraude les capitaux blancs, pour autant qu'ils soient sur un compte à l'étranger ou sous forme de titre au porteur détenu physiquement . 

Deux catégories de capitaux ou titres entrent en considération pour la DLU:

Les montants, capitaux ou valeurs mobilières sur un compte étranger

Tous les montants, capitaux ou valeurs mobilières qui étaient déjà placés sur un compte étranger avant le 1/6/2003. Il peut s'agir non seulement d'un compte à vue, d'épargne ou à terme, mais aussi d'un compte-titres comportant des actions, des obligations et des parts de sicav.

Les titres au porteur qui ne sont pas en compte-titre Toutes les actions, obligations, parts de sicav, bons de caisse,... que vous détenez physiquement et dont vous étiez propriétaire avant le 1/6/2003. Sont donc visés non seulement les titres que vous conservez chez vous ou dans un coffre, en Belgique ou à l'étranger.
En ce qui concerne les titres au porteur qui se trouvent sur un compte-titre en Belgique, on peut sans problème les utiliser pour une régularisation si on se les fait d'abord livrer pour les présenter ensuite dans le cadre d'une DLU. Notez que généralement les titres au porteur se trouvant sur un compte titre en Belgique sont en général "blancs", c'est à dire qu'ils ne sont pas issus d'une fraude fiscale et que les revenus perçus sur ces titres ont été soumis au précompte mobilier. Les utiliser dans le cadre d'une DLU reste intéressant si, craignant que le fisc ne découvre sous peu la fraude, on souhaite disposer d'une attestation DLU pour se protéger.

Les titres au porteur

La loi sur la DLU soumet les titres au porteur à un régime plus sévère que les autres titres ou l'argent se trouvant sur un compte. Il est vraisemblable qu'en citant les titres au porteur dans la loi, on ait voulu viser les titres au porteur qui étaient détenus physiquement par leur propriétaire, mais la loi ne fait pas de distinction entre ceux qui sont sur un compte-titre et ceux qui sont détenus physiquement. Certains considèrent que lorsqu'ils sont sur un compte-titre étranger, les titres au porteur peuvent être traités comme les autres titres, c'est-à-dire que le taux de 6% est possible. Mais il est peu probable que vous trouviez une banque qui accepte ce point de vue. Qu'est-ce qu'un titre au porteur ? Aux yeux de la législation belge, les titres au porteur sont tous les titres qui n'ont pas été émis nominativement ou qui ne sont pas dématérialisés. Lorsqu'une action est émise nominativement, elle est mentionnée avec le nom de l'actionnaire dans le registre des actionnaires nominatifs. Toutes les reventes de ce titre y sont également rapportées. Il y en a très peu en Belgique. En ce qui concerne les titres dématérialisés, il n'y en a pas encore en Belgique, mais c'est la règle dans d'autres pays comme la France. Si vous disposez matériellement du titre qui vous a été livré, il s'agit bien entendu d'un titre au porteur. S'il s'agit d'un titre d'origine belge, il en ira généralement de même. Mais pour les titres d'origine étrangère qui sont en compte-titres, c'est souvent plus difficile à savoir. Si vous souhaitez opter pour le taux de 6% en conservant l'investissement pendant 3 ans, il faut alors se renseigner auprès de votre banque pour connaître la nature de ces titres étrangers.

Ce qui est exclu de la régularisation

Il y a tout d'abord les exclusions liées au fait qu'il s'agit d'une régularisation de capitaux et pas d'une véritable amnistie fiscale générale. Mais il y a également les exclusions justifiées par des considérations éthiques.

Exclusion de ce qui n'est pas en compte à l'étranger ni un titre au porteur détenu physiquement

Voici la liste des biens qui ne peuvent pas être régularisés:

  • l'argent que vous détenez en liquide;
  • l'argent que vous avez déposé en Belgique sur un compte à vue, un compte d'épargne ou un compte à terme;
  • l'argent que vous n'aviez pas déclaré mais que vous avez entre-temps dépensé, par exemple pour acheter un immeuble, des œuvres d'art, de l'or, des bijoux ou autres, pour effectuer des transformations dans un immeuble, ou encore que vous avez donné à vos enfants (ces derniers pourront faire la DLU eux-mêmes; 
  • les immeubles, meubles, objet d'art, l'or, les bijoux, etc.
  • les titres se trouvant sur un compte-titre en Belgique. Bien qu'une interprétation littérale permette de régulariser ces titres, ce n'est pas dans ce but qu'elle a été écrite. Le but était de permettre la régularisation des titres au porteur détenus physiquement. Il semble que la loi soit interprétée sur base de son esprit plus que sur base du texte. Il existe toutefois une parade: presque tous les titres en Belgique sont des titres au porteur, et il suffit d'en obtenir la livraison physique pour ensuite les utiliser dans le cadre d'une DLU.
  • l'argent investi dans une assurance-vie. Toutefois, il est toujours possible de procéder à une DLU si on peut remonter dans le temps jusqu'à un moment où le montant investi dans l'assurance-vie se trouvait sur un compte à l'étranger (voyez la question 2).

Exclusion des oublis récents

Certaines fraudes récentes n'entrent pas en considération:

  • Au niveau de l'impôt des personnes physiques, la DLU relative aux revenus professionnels ne peut porter que sur les revenus perçus avant le 1/1/2002. En revanche, pour les revenus mobiliers et immobiliers, la DLU est encore possible pour les revenus reçus en 2002. Et, après l'expiration du délai de déclaration pour les revenus de 2003 (normalement, fin juin 2004), une DLU pourra même encore être rentrée pour les revenus mobiliers et immobiliers non déclarés perçus avant le 1/6/2003.
  • En ce qui concerne les droits de succession, les règles qui avaient fait l'objet d'un accord entre les gouvernements des 3 Régions et le gouvernement fédéral, ont été coulées dans le texte d'un décret en Région Wallonne et de Bruxelles-Capitale. En Région flamande, il n'y a pas de décret, mais les mêmes règles seront très vraisemblablement appliquées. Quelles sont ces règles: il n'y a pas d'amnistie possible lorsque le décès date de 2003 ou après. La DLU n'est pas possible non plus pour les successions de personnes décédées avant 2003 mais dont la déclaration n'a pas été rentrée pour le 1er juin 2003, sauf si l'administration fiscale avait accordé un délai plus long et que celui-ci a été respecté.
  •  En ce qui concerne les droits d'enregistrement, essentiellement sur les actes d'achat/vente d'immeuble, seuls les actes enregistrés avant le 1er juin 2003 peuvent bénéficier d'une régularisation.

Exclusion en cas de contrôle en cours

Enfin, il est trop tard pour rentrer une DLU si, dans le cadre d'un contrôle fiscal (et non d'une simple demande de renseignements), le fisc est déjà sur la piste de capitaux ou revenus non déclarés.  Si vous avez omis de déclarer vos revenus pendant quelques années et que le fisc vous a adressé une notification de taxation d'office, il est bien sûr trop tard.

Exclusion du blanchiment d'argent

Il ne peut être question de DLU  pour l'argent issu de délits ou crimes visés par la loi sur le blanchiment d'argent. C'est-à-dire notamment l'argent provenant du crime organisé, de la traite des êtres humains, de la drogue ou de la fraude fiscale grave et organisée qui met en oeuvre des mécanismes complexes ou qui utilise des procédés à dimension internationale. A propos de ces fraudes fiscales, on peut citer par exemple les carrousels TVA qui font appel à de fausses exportations et impliquent plusieurs entreprises. Il ne s'agit pas de la "simple" perception d'argent en noir qui est déposé sur un compte à l'étranger ou de la non déclaration d'une somme qui aurait dû être reprise dans une déclaration de succession. À cet égard, notons que la loi sur le blanchiment a récemment été étendue à l'abus de biens sociaux, ce qui peut concerner les indépendants qui exercent leur activité par le biais d'une société et qui se sont approprié de l'argent encaissé en noir par leur société. Les personnes se trouvant dans cette situation ont intérêt à consulter un avocat pénaliste pour savoir à quoi s'en tenir.

Le tarif applicable

Vous ne pouvez bénéficier de l'amnistie fiscale que si vous payez une "pénitence" de 6% ou 9%, à laquelle s'ajoute parfois 6% supplémentaires à titre de garantie.

6% + garantie de 6%

Pour les sommes et capitaux rapatriés et pour les valeurs mobilières  – à l'exception des titres au porteur – déposés en compte-titres, vous pouvez choisir vous-même le taux à payer: 6 ou 9%.   Mais le taux de 6% n'est possible que si vous vous engagez à conserver ou réinvestir, pendant au moins trois ans, l'argent et les titres régularisés dans un des placements suivants:

  • un dépôt bancaire (compte à terme, compte d'épargne), à l'exception d'un compte d'épargne exonéré de précompte mobilier. Les sommes ne peuvent séjourner sur un simple compte à vue plus de 3 mois d'affilée;
  • des actions, obligations ou parts de sicav,  à condition que ces titres soient déposés sur un compte-titres au nom du déclarant ou qu'il s'agisse de titres nominatifs;
  • le versement d'une prime d'assurance-vie;
  • l'achat, la construction ou la rénovation d'un immeuble (pas de terrain) situé dans un État membre de l'UE;
  • certains investissements dans votre activité professionnelle indépendante;
  • la souscription d'actions émises lors de la création ou de l'augmentation de capital d'une société.

Rien ne vous empêche, durant cette période de 3 ans, de passer d'un investissement autorisé à l'autre.   Mais si, après ces 3 ans, vous n'avez pas respecté les conditions, vous devrez payer une contribution supplémentaire de 6%. Une garantie doit être constituée pour ces 6% supplémentaires. Bon à savoir: cette garantie peut être constituée de sommes et titres que vous régularisez. À la fin du délai de 3 ans, cette garantie sera libérée, pour autant que vous prouviez que vous avez respecté les conditions.   En cas de décès de celui qui a procédé à la DLU, les héritiers sont tenus de poursuivre les investissements jusqu'à la fin des 3 années. Ils doivent donc payer les droits de succession sur ces montants. Ils ne peuvent utiliser ces montants pour payer ces droits de succession, faute de quoi ils devront payer 6% complémentaires sur la partie utilisée pour payer ces droits.

9%

Dans les cas suivants, vous devez payer 9%:

  • pour les capitaux et titres que vous rapatriez et pour lesquels vous auriez pu choisir le taux de 6% mais dont vous préférez disposer librement et immédiatement, par exemple pour planifier le transfert de votre patrimoine à vos héritiers;
  • pour les titres au porteur se trouvant sur un compte-titres à l'étranger.

9% + garantie de 6%

Pour les titres qui ne sont pas déposés sur un compte-titres à l'étranger, mais plutôt conservés à la maison ou dans un coffre, le taux s'élève à 9%. Il y a une condition supplémentaire: vous devez laisser ces titres pendant au moins trois ans sur un compte-titres, sous peine de devoir payer 6% supplémentaires.   Vous devez constituer immédiatement une garantie de 6% lorsque vous rentrez la DLU et vous n'en êtes libéré qu'à la fin des 3 ans si vous prouvez que vous avez respecté les conditions. Pendant la période de 3 ans, vous pouvez gérer votre portefeuille: vous pouvez revendre vos titres, mais il faut les réinvestir dans les 30 jours dans de nouveaux. Il faut également réinvestir les bons de caisse et obligations qui viendraient à échéance et vous seraient remboursés avant la fin des 3 années.   En cas de décès de celui qui a fait la DLU, les héritiers sont immédiatement libérés de l'obligation de réinvestir pendant 3 années. Ils peuvent donc disposer librement des titres et la garantie est libérée.   Notez que s'il s'agit de titres qui ne sont pas au porteur et qui sont en compte-titres en Belgique, il est possible de choisir le taux de 6%. Il faut alors également les maintenir en compte pendant 3 ans. Mais il s'agit d'un cas plutôt théorique car cela suppose que l'intéressé ait conservé en compte-titres en Belgique des titres provenant d'argent noir, ce qui est risqué.  

Calculer la DLU sur quel montant?

Le pourcentage de 6 ou 9% se calcule sur le montant que vous régularisez. Mais comment le calculer ?   Si vous régularisez une somme d'argent, le taux est appliqué sur le montant que vous décidez de régulariser, avec comme maximum celui qui figure sur la preuve que vous fournissez à votre banque. Si vous régularisez des titres, c'est un peu plus compliqué: il faut tenir compte du cours de bourse ou de la valeur de ces titres au 30 mai 2003, même si la preuve de la possession de ces titres est beaucoup plus ancienne. On tient compte des titres qui sont mentionnés sur votre preuve et de leur valeur au 30 mai 2003.  Si vous voulez régulariser tout votre portefeuille, vous payez la DLU sur base du résultat de ce calcul: titres X cours au 30/5/2003. Si vous ne voulez régulariser qu'une partie de vos avoirs, par exemple parce que le capital de départ est blanc, vous déterminez d'abord le montant que vous voulez régulariser puis vous examinez combien de titres il faut régulariser pour qu'en tenant compte de leur cours au 30/5/2003, vous obteniez un montant correspondant à ce que vous voulez régulariser.   Il se peut que votre portefeuille soit aujourd'hui composé d'une manière différente de ce qui se trouve sur la preuve que vous présentez à votre banque. Ce peut être dû à des opérations faites avant le 30 mai 2003 ou entre cette date et le moment auquel vous procédez au rapatriement. Cela ne pose pas de problème.

  • Soit vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas prouver la suite exacte des opérations qui établissent que le patrimoine actuel découle bien des reventes et réinvestissements successifs de ce dont vous étiez propriétaire. Dans ce cas, vous pouvez régulariser au maximum le moins élevé des deux montants suivants: d'une part les avoirs mentionnés sur votre preuve (l'argent pour le montant mentionné sur la preuve et les titres sur base de leur cours au 30 mai 2003) et d'autre part les avoirs que vous régularisez en 2004 (l'argent pour le montant rapatrié et les titres actuels à leur cours du 30 mai 2003).
  • Si vous établissez la liste précise des reventes et réinvestissements successifs de votre portefeuille depuis la date de la preuve que vous produisez, vous pouvez alors régulariser vos avoirs pour un montant maximum équivalent aux avoirs mentionnés sur votre preuve, l'argent étant compté pour son montant et les titres selon leur cours au 30 mai 2003. Ce maximum peut être appliqué même si l'évaluation de vos avoirs au moment de la régularisation est moins élevée.

La DLU en graphique

    

DLU or not DLU ?

Vous hésitez: régulariser ou non, régulariser tout ou une partie seulement, quelle partie ? Jusqu'où remonter dans le temps ? Quels sont les risques si je ne régularise pas ? La décision d'introduire ou non une DLU est strictement personnelle. Nous voulons cependant mettre tous les éléments entre vos mains pour prendre la décision en connaissance de cause. Plusieurs facteurs peuvent influencer la décision: le souhait d'être en règle avec le fisc, le risque d'attirer l'attention du fisc, le besoin d'utiliser le capital concerné, la perspective de la directive européenne sur la taxation de l'épargne, les règles plus strictes en matière de blanchiment d'argent, les droits de succession élevés,...

Jusqu'où le fisc peut-il remonter dans le temps?

La question est de savoir si vous avez encore intérêt à régulariser des revenus ou un héritage sur lesquels le fisc ne peut plus rien réclamer parce qu'ils sont prescrits sur le plan fiscal. Voyons donc jusqu'où le fisc peut remonter pour réclamer des impôts qui ont été éludés.  

Impôt des personnes physiques

Pour les revenus provenant d'une activité professionnelle ou de placements, le fisc peut remonter jusqu'à 5 ans en cas de fraude: il peut effectuer un contrôle et modifier l'imposition jusqu'à la fin de la cinquième année qui suit l'année au cours de laquelle les revenus ont été perçus. Un exemple: X a encaissé des coupons d'obligations en février 2000. Il aurait dû les mentionner dans sa déclaration de revenus en juin 2001, mais il ne l'a pas fait. Si le fisc découvre, à l'occasion d'un contrôle, que X a fraudé, il a jusqu'à fin décembre 2005 pour modifier l'impôt. Dès qu'on peut prouver qu'on avait déjà les capitaux avant la période qui peut encore faire l’objet d’un contrôle, le contrôleur doit arrêter ses investigations. Dans quelques rares cas, la période de risque est plus longue. Notamment si le fisc reçoit des informations de la part d'une administration fiscale étrangère, ou si, à l'occasion d'une procédure judiciaire, on découvre qu'un contribuable a perçu, au cours des six années précédant le début de la procédure, certains revenus qui étaient restés cachés. Dans les procédures de divorce, le fait qu'il y ait de l'argent noir est souvent un moyen de pression important pour le conjoint non fraudeur. Celui qui a fraudé a alors tout intérêt à régulariser les revenus perçus jusqu'à 6 ans avant le début de la procédure.  

Les droits de succession

La marge de manœuvre du fisc est beaucoup plus grande que pour l'impôt sur le revenu: il dispose de 10 ans et 5 mois après le décès pour réclamer un complément de droits de succession.

Les droits d'enregistrement

Le fisc a deux années après l'enregistrement de l'acte pour contester un prix qu'il estimerait inférieur à la valeur normale de l'immeuble. Mais s'il constate une fraude, il peut remonter jusqu'à 15 ans en arrière

Le risque d'attirer l'attention du fisc

Le risque d'être "pris" par le fisc peut venir de deux directions différentes, et avoir des conséquences différentes: soit le fisc découvre la fraude ou en est informé, soit il découvre qu'on a utilisé de l'argent dont on ne peut pas expliquer l'origine.  

  • Dans le premier cas, le fisc découvre le montant du revenu ou de la succession non déclarée. Pour s'en protéger si le fisc a encore des chances de découvrir la fraude dans les délais, il faut régulariser un montant égal à ce qui n'a pas été déclaré. S'il est probable que le fisc sera plus intransigeant lorsqu'il découvrira une fraude que vous auriez pu régulariser, rien ne laisse paraître qu'on lui donnera plus de moyens pour découvrir les fraudes.
  • Dans le second cas, le fisc ne découvre pas le montant de la fraude, mais il constate qu'on a fait une dépense et il s'intéresse à l'origine des fonds utilisés. Si vous avez l'intention d'utiliser l'argent pour un usage que le fisc connaîtra, par exemple pour l'achat d'un immeuble en Belgique ou pour l'investir dans votre entreprise, le risque est évidemment élevé de voir le fisc vous poser des questions sur l'origine des fonds. Si vous remboursez un crédit important dont le fisc a connaissance (emprunt hypothécaire, dette vis-à-vis de votre société, dette d'impôt,...), le risque est présent également. Si vous voulez donner un capital à vos enfants et que ceux-ci l'utilisent pour acquérir ou construire leur habitation, le risque est le même de voir le fisc leur poser des questions et se retourner vers vous lorsqu'il connaîtra l'origine des fonds. Le risque est par contre bien plus faible lorsque le capital est utilisé pour des dépenses de loisirs ou pour améliorer le train de vie quotidien. L'épargne qui provient de revenus déclarés, la succession déclarée, les gains non imposables et le capital dont vous disposiez déjà il y a plus de cinq ans peuvent généralement justifier la totalité de la dépense. Mais en cas d'imprudence, le fisc peut considérer que tout ce qui n'est pas justifié est un revenu imposable non déclaré. Pour se protéger et pouvoir utiliser librement votre capital, il faut alors régulariser le montant qui correspond à la différence entre la totalité de vos avoirs et la partie qui est en règle vis-à-vis du fisc.

Les sanctions fiscales et pénales

La sanction actuelle pour fraude (majoration d'impôt de 50%) sera doublée à partir de 2005. Mais le fisc ne reçoit aujourd'hui pas plus de moyens pour détecter la fraude fiscale... En pratique, la probabilité de se faire prendre reste donc inchangée. D'autre part, le fisc ne peut appliquer des sanctions que lorsqu'il peut réclamer l'impôt. Si le délai pour réclamer l'impôt (généralement 5 ans pour l'impôt sur les revenus) est écoulé, il ne peut plus appliquer de sanctions fiscales. Le risque de poursuites pénales est très faible également. Puisque le fisc ne peut plus rien rechercher au-delà des délais qu'il a pour réclamer l'impôt, il ne sait plus informer le Parquet afin que celui-ci entame des poursuites judiciaires. D'autre part, le fisc ne dépose généralement plainte que dans des dossiers où il y a une fraude grave et organisée, laquelle ne peut pas être régularisée par une DLU. Mais en ce qui concerne le risque pénal, il faut tenir compte des règles en matière de blanchiment d'argent que nous développons plus loin.

La directive européenne sur l'épargne

Le gouvernement compte beaucoup sur la directive européenne sur la taxation des revenus de l'épargne pour inciter au rapatriement des capitaux et à la DLU.  

Que prévoit cette directive?

Pour ceux qui résident en Belgique et perçoivent des intérêts à l'étranger, elle prévoit que ces intérêts feront l'objet d'un échange d'information avec le fisc belge. Pour les intérêts perçus au Grand Duché du Luxembourg et en Autriche, cet échange de renseignement est remplacé par une retenue à la source qui s'élèvera à 15%, puis 20 et 35%. Sont seuls visés les intérêts, pas les dividendes ni les plus-values. Mais attention, lorsqu'une sicav investit plus de 40% (ramenés plus tard à 25%) de ses avoirs dans des placements générant des intérêts, la sicav devra effectuer l'échange d'information ou la retenue à la source sur la partie des gains qui proviennent d'intérêts.  Les anciennes obligations bénéficient de la clause dite de "grand père", c'est à dire que l'échange d'information ou la retenue à la source ne sera appliqué qu'à partir de 2011.  Les assurances-vie ne sont pas visées par cette directive: au niveau européen, il n'y a adonc pas d'obligation d'échange d'information ou de retenue à la source sur les gains d'assurances-vie de la branche 21 (avec rendement minimum garanti) ou assurance-vie de la branche 23 (dont les prestations sont liées à un fonds d'investissement). Cette directive, qui aurait dû entrer en vigueur le 1er janvier 2005, ne sera pas appliquée avant le 1er juillet 2005. Pour en savoir plus à propos de cette directive, lisez l'article publié dans le numéro 172 de Budget & Droits. Si vous êtes abonné à Budget & Droits, cliquez ici pour le consulter directement. 

Les règles anti-blanchiment plus strictes

Les règles de blanchiment d'argent, qui visent à empêcher que l'argent provenant de crimes et délits graves soit injecté dans l'économie, sont de plus en plus renforcées. On peut distinguer les règles préventives, c'est-à-dire celles qui sont mises en place pour prévenir le blanchiment, et celles qui visent à sanctionner le blanchiment et à confisquer l'argent qu'on a tenté de blanchir. Le renforcement actuel de ces règles comporte une extension des délits dont le bénéfice est soumis aux règles du blanchiment (des délits moins graves sont désormais visés) de même qu'un renforcement des règles préventives. C'est ainsi que les banques doivent être de plus en plus regardantes sur l'origine des fonds qui leur sont confiés. De même, les commerçants ne peuvent plus accepter de paiements en liquide pour des articles de plus de 15 000 €. On peut donc affirmer qu'il devient progressivement plus difficile d'utiliser librement de l'argent d'origine douteuse.   D'autre part, les banques qui accepteraient de l'argent dont elles savent ou devraient raisonnablement savoir qu'il provient d'une fraude fiscale, même ancienne, sont, depuis un récent arrêt de la cour de cassation (22/10/2003), punissables pénalement pour recel (article 505 de notre code pénal). Si une condamnation suit, l'argent en question doit être confisqué. Le risque d'un procès pour une fraude peu élevée est très réduit, mais bon nombre de banques belges sont de plus en plus méfiantes et préfèrent, actuellement, que vous introduisiez d'abord une DLU avant de leur confier des capitaux issus d'une fraude antérieure. Elles posent dès lors plus de questions qu'auparavant ou font signer une déclaration comme quoi l'argent ou les titres présentés sont exempts de fraude fiscale avant d'accepter l'argent. Ceci dit, si l'argent provient d'une fraude fiscale sur laquelle le fisc ne peut plus revenir, le risque de sanction pénale est minime. Si vous déclarez par exemple à votre banque que le capital provient des économies de vos parents ou d'un patrimoine familial et qu'il vous a été donné plus de 3 ans avant le décès du donateur, il est plus que probable qu'elle accepte le capital sans problèmes. Mais si la fraude porte sur un capital très important, ou si vous exercez une fonction qui pourrait pâtir d'une fraude fiscale, même ancienne (magistrat, haut fonctionnaire, mandataire politique, homme d'affaires en vue, ...), il peut être recommandé de régulariser des capitaux même s'ils sont hors d'atteinte du fisc.

Droits de succession élevés

Un frein important à la DLU est le montant des droits de succession qui seront réclamés lors du décès de la personne ayant rempli la DLU. Pour les héritiers en ligne directe (conjoint, enfants), les droits de succession sont raisonnables, mais il n'en va pas de même pour les droits entre oncles/tantes et neveux/nièces ou entre personnes sans lien de parenté: ces droits peuvent atteindre 80%, et même, depuis peu, jusqu'à 90% en Wallonie (contre "seulement" 65% en Flandre). C'est de la confiscation pure et simple !   Avant d'introduire une DLU, il peut donc être important de penser à votre succession et de prendre éventuellement déjà les mesures nécessaires pour ménager vos héritiers. Il existe en effet des moyens légaux d'alléger quelque peu la facture: un don (intéressant à condition que le donateur ne décède pas dans les trois ans qui suivent le don) ou, depuis peu en Flandre, une donation enregistrée au taux de 3 ou 7% selon qu'il se fait entre parents proches ou non.   À cet égard, il faut savoir que pour les capitaux et titres qui doivent être placés d'une certaine manière pendant trois ans, il faut attendre la fin des 3 années pour pouvoir effectuer une donation. Il peut donc être intéressant de gagner du temps et d'opter immédiatement pour le taux de 9% au lieu de 6% lorsque vous complétez la DLU. Vous disposerez en effet ainsi immédiatement de l'argent et pourrez organiser votre succession. En revanche, si vous choisissez le taux de 6% mais qu'en pratique, vous récupérez l'argent avant l'expiration du délai de trois ans, vous devrez abandonner la garantie de 6%. Autrement dit: vous payez soit 9% immédiatement, soit 12% en deux fois (6% maintenant et la garantie de 6% qui n'est pas récupérée après les trois ans).  

En pratique

  • Si vous décidez de rapatrier de l'argent ou des titres, ou de régulariser des titres détenus en Belgique, vous devez vous adresser à une banque, une société de bourse ou une compagnie d'assurances pour compléter votre DLU. Il faudra sans doute plusieurs visites pour mettre votre DLU au point puis la compléter lorsque les capitaux et valeurs seront parvenus à votre banque. Entamez vos démarches suffisamment tôt car il faut que pour le 31 décembre, tout soit en règle. Il faut donc que les titres et sommes en provenance de l'étranger soient arrivés sur votre compte belge, ce qui peut prendre facilement un mois pour des titres. N'attendez donc pas le mois de novembre pour vous y mettre.
  • L'institution financière rétrocèdera au fisc, sans mentionner votre nom, les 6% ou 9% (selon le cas) qu'elle prélèvera sur les sommes régularisées à titre de "pénitence". Quant aux éventuels 6% complémentaires, elle ne les transmettra au fisc que si, à l'issue du délai de trois ans, vous ne pouvez pas prouver que vous avez toujours respecté les conditions de conservation ou réinvestissement. Vous disposez de deux semaines après l'introduction de la DLU pour payer la somme requise. Et si vous optez pour le taux de 6%, les titres peuvent être conservés mais l'argent doit être réinvesti dans les 30 jours. La DLU est donc anonyme dans ce cas, mais l'institution financière vous délivrera une attestation à votre nom, comme garantie au cas où le fisc poserait ultérieurement des questions. Ne la perdez pas car le fisc considère que vous ne pouvez pas en recevoir de duplicata.
  • L'institution financière est obligée de transmettre à la Cellule de traitement des informations financières – CTIF, mieux connue sous le nom de cellule anti-blanchiment – la liste de toutes les attestations délivrées, en mentionnant le nom des personnes concernées ainsi que les sommes et titres régularisés. Question de décourager ceux qui seraient tentés de fabriquer de fausses attestations. La CTIF est tenue au secret professionnel, mais elle peut vérifier si la DLU n'a pas été utilisée pour blanchir de l'argent criminel. Si votre banque a des doutes sur l'origine de votre capital, elle doit le signaler à la CTIF, même si elle accepte vos capitaux pour une DLU.  

Si vous préférez conserver l'argent ou les titres à l'étranger, vous devez vous-même rentrer une déclaration auprès du service Trésorerie du SPF Finances. Contrairement au cas précédent, votre démarche ne sera alors évidemment pas anonyme. Si une garantie de 6% est exigée, vous devrez présenter au fisc une garantie bancaire.

Questions & réponses

Ci dessous quelques questions et réponses qui vous permettront de mieux cerner la DLU. Ces questions seront complétées et adaptées au fur et à mesure que nous recevrons de nouvelles questions et que de nouvelles précisions verront le jour. Si ces questions peuvent vous aider à mieux comprendre la DLU et prendre une décision, il faut rester attentif au fait que ces questions ne reprennent que l'un ou l'autre aspect de la problématique et que pour apprécier correctement une situation particulière, il faut tenir compte de tous les aspects. Vous pouvez également consulter les réponses fournies par le ministre des finances aux questions posées par les banques (www.minfin.fgov.be) . Certaines d'entre elles sont reprises ici parce qu'elles sont importantes ou pour vous les reformuler dans un langage plus compréhensible. En cas d'hésitation, le recours à un conseil personnalisé fourni par une personne indépendante n'est certainement pas superflu.  

  1. J'ai hérité il y a trois ans d'un capital à l'étranger. Est-ce qu'une DLU couvre les "oublis" de mes parents qui n'avaient rien déclaré auparavant ?  
  2. Il y a maintenant deux ans, sur les conseils de ma banque au Grand Duché de Luxembourg, j'ai transféré la plupart de mes avoirs en polices d'assurance de la branche 23. Est-ce que je peux régulariser ces sommes ?
  3. Fin 2003, ma banque belge m'a incité à rapatrier mes avoirs avant le 31 décembre. Il semble que je ne puisse pas les régulariser. Est-ce que ma banque m'a donné un bon conseil ?
  4. J'ai des bons de caisse dans mon coffre. Dois-je les régulariser ?  
  5. J'ai des euro-obligations dans mon coffre. Dois-je les régulariser ?  
  6. J'ai transféré à l'étranger une partie de mon épargne il y a bien des années. Faut-il régulariser le capital et les revenus ou seulement les revenus ?
  7. Depuis longtemps, j'ai des avoirs à l'étranger. Je n'envisage cependant de déclarer que les intérêts des dernières années pour lesquels il n'y a pas encore de prescription fiscale et sur lesquelles le fisc peut encore percevoir l'impôt. Est-ce que je devrais déclarer davantage ?
  8. Je ne compte pas participer  à la DLU. Je vais plutôt attendre quelque temps, de sorte que le fisc ne puisse plus réclamer d'impôt et je pourrai alors faire ce que je veux de mon argent. Mon raisonnement est-il correct ?
  9. J'ai hérité d'un capital à l'étranger il y a plus de 11 ans et ces dernières 5 années, j'ai investi mes avoirs dans des sicav de capitalisation. Le fisc ne peut donc plus rien me réclamer et je n'ai donc pas de raison de participer à la DLU. Mon raisonnement est-il correct ?
  10. Je ne payerai une DLU que sur une partie de mes avoirs à l'étranger. Est-ce que je dois tout rapatrier ?
  11. J'ai hérité d'un capital et de différents titres à l'étranger il y a 5 ans. Je souhaite les régulariser, mais la composition de mes avoirs à l'étranger a fort évolué depuis lors. Que puis-je faire ?
  12. Ce que je peux régulariser est inférieur à ce que j'aurais dû déclarer dans le passé. Est-ce qu'une DLU pour ce montant réduit me protège vis-à-vis du fisc ?
  13. J'ai un portefeuille de titres à l'étranger. Il provient d'une succession non déclarée. Il était plus élevé en 2000 qu'actuellement. Que puis-je encore régulariser ?  Comment calculer le montant à payer ?
  14. Je rapatrie un portefeuille de l'étranger. Faut-il bloquer les titres pendant 3 ans ?
  15. Je ne dispose pas d'extraits de compte permettant de détailler mes avoirs à la date du 31 mai 2003. Est-ce que je peux utiliser l'inventaire daté d'une date plus éloignée ?
  16. On parle parfois de la "photo" des avoirs en compte à l'étranger lorsqu'on parle de la preuve de ce qui se trouvait sur un compte à l'étranger. Cela signifie-t-il qu'il faille montrer une "photo" de la totalité des avoirs à l'étranger à une certaine date ?
  17. Qu'est-ce que je peux utiliser comme moyen pour prouver que je possédais ces avoirs avant le 1er juin 2003?
  18. Une fois que ma banque a accepté la DLU, que j'ai transféré ou déposé mes avoirs sur un compte à mon nom et payé le montant dû, est-ce que je suis définitivement protégé ?
  19. La composition de mes avoirs à l'étranger a constamment évolué (des titres sont venus à échéance et ont été réinvestis, des actions ont été revendues puis réinvesties). Ce que j'ai en portefeuille aujourd'hui ne correspond plus à ce que j'avais sur la preuve relativement ancienne que je peux produire à ma banque. Comment faire ?
  20. Depuis fin mai 2003, certains de mes titres sont venus à échéance. D'autres ont été revendus puis réinvestis. Est-ce que cela a une incidence pour la DLU ?
  21. Au 30/05/2003, je disposais d'euro-obligations en compte-titres au Grand-Duché de Luxembourg pour 60 000 EUR. Depuis lors, une partie a été réinvestie en actions, dont la valeur actuelle est de 55 000 EUR. Puis-je régulariser ce capital et pour quel montant ?
  22. Je rapatrie un portefeuille de l'étranger et je choisis le taux de 6%. Faut-il réinvestir mes titres ou puis-je me contenter de conserver ceux que j'ai transférés ?
  23. Je rapatrie des fonds de d'étranger et je compte acheter un immeuble, mais pas tout de suite. Est-ce que je peux profiter du taux de 6% ?
  24. Est-ce que la contribution peut-être payée avec les capitaux rapatriés ou est-ce qu'il faut la payer avec d'autres fonds ? 
  25. La DLU peut être effectuée jusqu'à la fin 2004. Je lis dans les journaux qu'il faut cependant s'y prendre à temps pour éviter de se trouver hors délai. Qu'en est-il?
  26. J'ai perçu des revenus mobiliers à l'étranger en 2003. Qu'est-ce que je peux en faire: DLU ou déclaration fiscale ?
  27. J'envisage de faire une DLU, mais qu'en est-il des intérêts et dividendes perçus depuis le 1/6/2003 ? Je ne les ai pas mentionnés dans ma déclaration de revenus de 2003 que j'ai remise au fisc en juillet 2004. 
  28. Je suis indépendant et, traditionnellement, une partie de mon chiffre d'affaires est en noir. Si je fais la DLU, est-ce que je ne risque pas d'être coincé pour l'avenir ?
  29. Je souhaite régulariser mes avoirs irréguliers, mais en même temps, je souhaite organiser ma succession car je suis âgé. Comment le faire au mieux ?
  30. J'ai commis une erreur dans ma DLU, puis-je la rectifier ?
  31. Pour les avoirs qui appartiennent à plusieurs personnes, doit-on faire une DLU en commun ?
  32. Peut-on faire plusieurs DLU ?
  33. Qu'en est-il de la confidentialité ?  
  34. Mon père est décédé en 2004. Bien qu'il ait perçu des revenus non déclarés ces dernières années, il n'aviat pas encore procédé à la DLU. Est-ce que je peux faire une DLU pour régulariser les omissions qu'il a commises ?

1. J'ai hérité il y a trois ans d'un capital à l'étranger. Est-ce qu'une DLU couvre les "oublis" de mes parents qui n'avaient rien déclaré auparavant ?

Lorsqu'un capital ou des valeurs mobilières sont régularisés, ce sont tous les impôts éludés par le déclarant, mais également par ses parents (ses auteurs dit la loi) qui sont régularisés. Si la DLU est effectuée, le fisc ne peut donc plus réclamer l'impôt éludé par les parents. Ce serait également le cas si les parents avaient donné le capital en question de leur vivant avant le 31 mai 2003.  

2. Il y a maintenant deux ans, sur les conseils de ma banque au Grand Duché de Luxembourg, j'ai transféré la plupart de mes avoirs en polices d'assurance de la branche 23. Est-ce que je peux régulariser ces sommes ?

S'il est possible de réaliser une DLU en transférant des sommes ou des titres d'un compte étranger vers un compte belge, la loi ne l'envisage pas du tout pour les contrats d'asurance-vie, qu'il soient de la branche 21 (un rendement est garanti et des participations bénéficiaires sont généralement prévues) ou de la branche 23 (le rendement de la police d'assurance dépend directement d'un fonds de placement interne de la compagnie). Le ministre des finances a déclaré verbalement que certains contrats pourraient faire l'objet d'une régularisation, mais rien n'a été mis par écrit. Mais ce n'est pas pour autant que toutes les portes sont fermées: nous voyons au moins trois possibilités.
1. Pour participer à la DLU, il faut d'une part des "oublis" de déclaration que vous voulez régulariser et d'autre part des sommes ou titres susceptibles de servir à la régularisation. Si vous avez d'autres sommes ou titres à l'étranger ou des titres au porteur, vous pourriez utiliser ces autres sommes pour procéder à la régularisation des sommes non déclarées et qui se trouvent aujourd'hui sous une forme non régularisable.
2. Si les sommes qui sont maintenant investies dans une assurance-vie sont passées sur un compte à l'étranger avant d'être investies dans votre assurance-vie, vous pouvez parfaitement utiliser les relevés de compte de cette époque, racheter votre police d'assurance (c'est à dire demander la liquidation du capital) et rapatrier ces fonds ainsi libérés. Un inconvénient toutefois: la compagnie a prélevé des frais souvent importants au début du contrat et elle vous en réclamera sans doute au moment du rachat de la police.
3. La voie de la régularisation volontaire n'est pas fermée.  Rien ne vous empêche de faire appel à un conseil fiscal ou un avocat fiscaliste pour faire le point sur votre situation et contacter le fisc – dans un premier temps anonymement – pour examiner quelle serait la "pénitence" à payer. En général les impôt éludés au cours des dernières années. Cette voie reste intéressante si l'impôt fraudé les dernières années n'est pas trop élevé. Et vous pourriez ainsi conserver votre police d'assurance.  

3. Fin 2003, ma banque belge m'a incité à rapatrier mes avoirs avant le 31 décembre. Il semble que je ne puisse pas les régulariser. Est-ce que ma banque m'a donné un bon conseil ?

  • Si c'était pour régulariser les capitaux en question, c'était un très mauvais conseil puisque la DLU n'est pas possible pour l'argent détenu en compte en Belgique. Pour les titres, la DLU reste possible, mais ils devront rester en compte-titres pendant 3 ans, ce qui n'aurait pas été le cas s'ils étaient restés sur votre compte à l'étranger.
  • Si c'était pour rapatrier les fonds et attendre la prescription fiscale (voyez la question 7), ce n'est pas sans risque. Si vous veniez à décéder, la banque informera le fisc des sommes et valeurs qui sont en compte. Et si le décès survenait avant que les capitaux rapatriés n'atteignent la prescription fiscale, l'impôt ainsi que les amendes et intérêts de retard seraient dus.
  • Quoiqu'il en soit, il est plus que probable que la banque ne vous a donné aucun conseil par écrit et que si vous lui reprochiez quoi que ce soit, elle affirmerait que vous avez agi de votre chef.

4. J'ai des bons de caisse dans mon coffre.
Dois-je les régulariser ?

  • Ce n'est pas parce que vous avez des bons de caisse au porteur qu'il faut les régulariser. Il est tout à fait permis d'avoir son épargne sous forme de titres au porteur et il n'y a aucune fraude fiscale là dessous.
  • Ce qu'il faut examiner, c'est d'une part d'où vient l'argent qui a été investi sous forme de bons de caisse et d'autre part les intérêts que vous avez perçus.
    • Si le capital de départ provient par exemple de vos économies ou d'une succession déclarée, il ne faut absolument pas le régulariser. Ce serait différent s'il provenait d'argent noir ou d'une succession non déclarée: dans ce cas, on peut envisager la régularisation d'un montant égal au capital initial. Reste à examiner si le fisc peut encore réclamer l'impôt qui s'y rapporte et à décider si la régularisation est opportune ou non (voyez la question 7).
    • En ce qui concerne les intérêts perçus, il n'y a rien à régulariser puisque la banque a dû retenir le précompte mobilier libératoire et que de ce fait, il ne fallait pas déclarer les intérêts dans votre déclaration fiscale.
    • Reste également la possibilité d'utiliser vos bons de caisse pour régulariser des revenus ou des capitaux non déclarés et dont vous ne disposez plus sous une forme régularisable. Vous avez par exemple hérité d'un capital que vous n'avez pas mentionné dans la déclaration de succession et vous l'avez dépensé ou investi dans une assurance-vie: si vous souhaitez réparer cet oubli rien ne vous empêche d'utiliser vos bons de caisse, même s'ils n'ont rien à voir avec l'oubli en question.

 

5. J'ai des euro-obligations dans mon coffre.
Dois-je les régulariser ?

Comme pour les bons de caisse (question 4), il faut examiner d'une part le capital investi et d'autre part les intérêts perçus.

  • Si le capital de départ provient par exemple de vos économies ou d'une succession déclarée, il n'y a absolument rien à régulariser. Ce serait différent s'il provenait d'argent noir ou d'une succession non déclarée. Dans ce dernier cas, on peut envisager la régularisation d'un montant égal au capital initial. Reste à examiner si le fisc peut encore réclamer l'impôt qui s'y rapporte et à décider si la régularisation est opportune ou non (voyez la question 7).
  • En ce qui concerne les intérêts, si les coupons ont été encaissés à l'étranger, le précompte mobilier belge n'a pas été retenu. Dans ce cas, on peut envisager leur régularisation. Comme pour le capital, il faut examiner jusqu'à quand le fisc peut encore remonter dans le temps puis prendre sa décision (voyez la question 7).

6. J'ai transféré à l'étranger une partie de mon épargne il y a bien des années. Faut-il régulariser le capital et les revenus ou seulement les revenus ?

Seul ce qui aurait dû être déclaré au fisc et ne l'a pas été peut faire l'objet d'une régularisation. Il n'y a aucune raison d'aller déclarer et payer une DLU sur des montants qui sont en règle. Dans votre cas, le capital est en règle. Il faut examiner ce que vous auriez dû déclarer comme revenu. Sachez que tous les gains réalisés dans le cadre d'un placement ne doivent pas nécessairement être déclarés: les plus-values réalisées lors de la revente d'actions, obligations et parts de Sicav de même que les coupons d'obligations et d'actions belges ne devaient pas être mentionnés dans votre déclaration. Il en va de même pour les gains d'assurance-vie de la branche 21 (avec garantie de rendement) avec une durée de plus de 8 ans ou une garantie de décès supérieure à 130% de la prime versée. Les gains réalisés dans le cadre d'une assurance-vie de la branche 23 (dont le rendement est lié à un fonds de placement) sont également exonérés. Par contre, vous auriez dû déclarer les revenus suivants: coupons nets d'obligations étrangères et d'actions étrangères, les intérêts de placements en compte à terme. Pour savoir jusqu'où il faut remonter dans le temps pour les revenus à régulariser, voyez la question suivante.

7. Depuis longtemps, j'ai des avoirs à l'étranger. Je n'envisage cependant de déclarer que les intérêts des dernières années pour lesquels il n'y a pas encore de prescription fiscale et sur lesquelles le fisc peut encore percevoir l'impôt. Est-ce que je devrais déclarer davantage ?

La régularisation n'a d'utilité vis-à-vis du fisc que pour les sommes sur lesquelles il pourrait encore réclamer un impôt au moment où il en découvre l'existence. Selon les cas, il peut revenir 5 ans, voire plus en arrière pour les revenus non déclarés, et 10 ans et 5 mois pour les droits de succession. A priori, on ne voit donc pas quelle serait l'utilité d'aller régulariser des sommes ou capitaux qui sont prescrits sur le plan fiscal. Cependant, il y a d'autres aspects qui peuvent jouer un rôle: le risque pénal et les règles mises en place pour combattre le blanchiment d'argent sale.

  • En ce qui concerne le risque pénal, celui-ci est très faible. On constate que seules les fraudes très importantes et celles qui ont fait appel à des techniques délictueuses font l'objet de poursuites devant les tribunaux. Cependant, si vous êtes un personnage en vue ou si vous exercez une profession où la probité doit être exemplaire, il peut être utile de régulariser plus que le minimum, car vous courez un risque plus important que Monsieur et Madame tout le monde.
  • Pour ce qui est du blanchiment d'argent, les règles qui doivent le combattre ont été renforcées et elles peuvent avoir un impact même lorsqu'on n'est pas en face d'argent provenant de délits graves visés par la législation sur le blanchiment. C'est ainsi qu'on ne peut plus payer en liquide des biens dont le prix dépasse 15 000 €. C'est ainsi également qu'une banque qui sait ou devait raisonnablement savoir que l'argent qui lui était confié provient d'une fraude fiscale, même pas trop grave, pourrait subir une condamnation accompagnée de la confiscation des capitaux concernés (article 505 du code pénal). Pour les capitaux qui sont valablement régularisés dans le cadre de la DLU, la banque n'a plus rien à craindre et les capitaux ne peuvent plus être confisqués. Si vous voulez rapatrier votre patrimoine sans le soumettre à la DLU, votre banque belge vous posera des questions à propos de l'origine de ces fonds. Et si elle constate ou si elle se doute qu'il y a là dessous de la fraude fiscale, elle pourrait bien vous suggérer d'aller voir ailleurs, même si le risque d'une condamnation de la banque est très réduit.

8. Je ne compte pas participer  à la DLU. Je vais plutôt attendre quelque temps, de sorte que le fisc ne puisse plus réclamer d'impôt et je pourrai alors faire ce que je veux de mon argent. Mon raisonnement est-il correct ?

Une fois que le délai de prescription fiscale sera écoulé, vous serez à l'abri du fisc, mais comme expliqué en réponse à la question précédente, il peut subsister un certain risque pénal et les règles destinées à éviter le blanchiment d'argent pourraient rendre moins facile d'utiliser votre capital comme bon vous semble.  

9. J'ai hérité d'un capital à l'étranger il y a plus de 11 ans et ces dernières 5 années, j'ai investi mes avoirs dans des sicav de capitalisation. Le fisc ne peut donc plus rien me réclamer et je n'ai donc pas de raison de participer à la DLU. Mon raisonnement est-il correct ?

La prescription fiscale est effectivement atteinte, le fisc ne peut plus rien vous réclamer. Pour le reste, il peut subsister un certain risque pénal et les règles destinées à éviter le blanchiment d'argent pourraient rendre moins facile d'utiliser votre capital comme bon vous semble. Voyez la réponse à la question 7.  

10. Je ne payerai une DLU que sur une partie de mes avoirs à l'étranger. Est-ce que je dois tout rapatrier ?

Non, vous restez libre de faire ce que vous souhaitez avec la partie de votre patrimoine que vous ne soumettez pas à la DLU. Vous pouvez la rapatrier en Belgique. Dans ce cas, faites d'abord la DLU sur la partie à régulariser puis rapatriez le reste. Vous pouvez parfaitement conserver ce reste à l'étranger. Il n'y a aucune fraude fiscale ou délit dans le fait de conserver une partie de ses avoirs à l'étranger.

11. J'ai hérité d'un capital et de différents titres à l'étranger il y a 5 ans. Je souhaite les régulariser, mais la composition de mes avoirs à l'étranger a fort évolué depuis lors. Que puis-je faire ?

Ce que vous régularisez ne doit pas être exactement ce que vous auriez dû déclarer il y a 5 ans. Vous n'êtes pas obligé de prouver que ce que vous avez eu à une date précédant le 1er juin 2003 est le fruit des réinvestissements successifs de ce qui aurait dû être déclaré. Vous êtes juste tenu de prouver que vous aviez un capital en compte ou investi dans des titres avant le 1er juin 2003.  

12. Ce que je peux régulariser est inférieur à ce que j'aurais dû déclarer dans le passé. Est-ce qu'une DLU pour ce montant réduit me protège vis-à-vis du fisc ?

Le fisc peut être amené à vous poser des questions dans deux cas: soit vous utilisez votre capital et il vous demande d'où il provient, soit il découvre la fraude et s'apprête à vous taxer.

  • Le premier cas se présentera par exemple suite à un achat immobilier à propos duquel le fisc vous demande de justifier la provenance des sommes investies. Vous n'avez aucun souci à vous faire car le fisc ne sait pas que vous aviez fraudé davantage. Vous produisez votre attestation. Le fisc vérifie qu'elle est bien valide et ne vous pose plus d'autre question.
  • Si le fisc découvre la fraude par exemple lors d'un contrôle chez vous ou chez un tiers, et qu'il peut encore vous réclamer l'impôt fraudé, vous n'êtes pas entièrement couvert. Le fisc pourrait parfaitement vous réclamer l'impôt et les majorations d'impôt sur la partie qui n'est pas couverte par la DLU. Si vous disposez d'autres capitaux (des capitaux blancs) qui pourraient être déclarés en DLU et que vous estimez que le fisc a de réelles chances de découvrir le pot aux roses, pourquoi ne pas "régulariser" des capitaux blancs pour être totalement protégé. C'est parfaitement possible puisqu'il ne faut pas prouver que ce qui est régularisé provient effectivement de la fraude.

13. J'ai un portefeuille de titres à l'étranger. Il provient d'une succession non déclarée. Il était plus élevé en 2000 qu'actuellement. Que puis-je encore régulariser ?  Comment calculer le montant à payer ?

Nombreux sont ceux dont le portefeuille mobilier a perdu de la valeur au cours des dernières années. Dans votre cas, vous souhaiteriez régulariser la totalité de la succession non déclarée pour être en règle et pouvoir utiliser librement votre capital. Malheureusement, vous pouvez régulariser tout au plus un montant correspondant aux titres mentionnés sur la preuve que vous produirez à votre banque, et en se basant sur leur cours au 30/5/2003. Mais ce n'est pas gênant. En effet, si vous utilisez le capital rapatrié ou s'il apparaît dans le cadre de votre propre succession, le fisc posera des questions à propos de sa provenance. A ce moment là, on lui produit l'attestation DLU. Il vérifie que la DLU est régulière, mais il ne peut pas commencer à rechercher d'où viennent les sommes qui ont été régularisées. En d'autre mots, il ne saura pas que ce capital provient d'une succession non déclarée ni quel était le montant qui aurait dû, à l'époque, être déclaré. Il n'y a donc pas de risque que le fisc vous réclame les droits de succession sur la partie de la succession que vous n'avez pas régularisée. Une exception toutefois: si le fisc découvre que la déclaration de succession était incomplète, par exemple suite à une enquête en banque ou grâce à des renseignements révélés dans le cadre d'une procédure judiciaire ou encore parce qu'un de vos cohéritiers qui aurait également bénéficié de cette succession cachée au fisc, commet une erreur et renseigne le fisc sur le montant que vous avez perçu.  

14. Je rapatrie un portefeuille de l'étranger. Faut-il bloquer les titres pendant 3 ans ?

Non, ce n'est pas obligatoire. Si vous voulez bénéficier du taux de 6%, c'est possible pour les titres qui ne sont pas au porteur et à condition de les garder pendant 3 ans ou de les réinvestir dans d'autres titres, un immeuble quelque part dans l'Union Européenne, dans votre activité professionnelle,...  Pour les titres au porteur se trouvant à l'étranger, le taux de la DLU est de toute façon 9% et il n'y a aucune utilité de les bloquer ou de les investir pendant 3 ans.  

15. Je ne dispose pas d'extraits de compte permettant de détailler mes avoirs à la date du 31 mai 2003. Est-ce que je peux utiliser l'inventaire daté d'une date plus éloignée ?

Pas de problème. La loi n'impose pas de montrer à la banque la preuve que vous aviez ces biens au 31 mai 2003, mais que vous les aviez avant le 1er juin 2003. Vous pouvez produire une preuve qui se réfère au 1/1/2003 ou même à une date bien plus ancienne. Les banques demandent parfois que vous produisiez une preuve la plus proche possible de la fin mai 2003. Cependant la loi ne l'impose pas et la banque ne pourrait pas vous refuser la DLU parce que vous produisez un état de votre compte d'il y a 5 ans. Si vous produisez un inventaire de votre portefeuille daté par exemple du 1er janvier 2002, vous ne pourrez pas régulariser davantage que la valorisation de ces titres sur base de leur cours à la date du 30 mai 2003. Et cela même si à la date du 30 mai, votre portefeuille était bien différemment composé qu'au 1/1/2002.  

16. On parle parfois de la "photo" des avoirs en compte à l'étranger lorsqu'on parle de la preuve de ce qui se trouvait sur un compte à l'étranger. Cela signifie-t-il qu'il faille montrer une "photo" de la totalité des avoirs à l'étranger à une certaine date?

Non, ce n'est pas obligatoire. Ce qu'il faut prouver, c'est que vous aviez sur un compte à l'étranger un capital ou des titres au moins équivalents à ce que vous voulez régulariser aujourd'hui. Il ne faut pas fournir le détail de tous vos avoirs à l'étranger si vous ne voulez pas tout régulariser.  

17. Qu'est-ce que je peux utiliser comme moyen pour prouver que je possédais ces avoirs avant le 1er juin 2003?

Ce qui amène le moins de discussion, ce sont les extraits de compte, bordereaux d'achat, composition de votre portefeuille, et attestations provenant d'une banque ou d'une société de bourse. Vous éviterez également des discussions si vous présentez des documents originaux et nominatifs. Ce n'est toutefois pas une obligation. Pour les comptes numérotés, il faut pouvoir présenter une attestation qui prouve que vous en êtes bien le titulaire. Il y a des moyens de preuve qui sont exclus: les témoignages, vos aveux et le serment.  

18. Une fois que ma banque a accepté la DLU, que j'ai transféré ou déposé mes avoirs sur un compte à mon nom et payé le montant dû, est-ce que je suis définitivement protégé ?

Pas dans tous les cas. La banque n'effectue que certaines vérifications, sans garantir que la DLU est valide. Le fisc, auquel vous présenteriez l'attestation lors d'un contrôle, est parfaitement en droit de vérifier que la DLU était valide. La banque vérifie certains points sur lesquels elle engage sa responsabilité:

  • votre identité exacte,
  • l'application du taux correct,
  • l'exactitude des calculs,
  • la validité des preuves établissant qu'avant le 1/6/2003, vous étiez bien propriétaire des avoirs régularisés,
  • elle doit vous dénoncer à la CTIF si elle soupçonne un blanchiment d'argent,
  • elle vérifie enfin que la DLU est bien compète, c'est à dire que les avoirs ont bien été transférés ou déposés sur un compte à votre nom, que la déclaration a été complétée en double exemplaire, que la garantie pour le payement des 6% complémentaires éventuels a été constituée.

Notez qu'en cas de doute sur la validité des preuves que vous lui fournissez, la banque peut faire appel à une commission qui, soumise au secret professionnel, statuera sur les éléments que vous avez apportés.  Ces contrôles vous mettront à l'abri de la plupart des problèmes, mais pas de tous.
Si vous aviez hérité d'or ou d'un immeuble à l'étranger, ensuite revendus et que vous espériez être protégé par une DLU, ce sera le cas si le fisc vous pose des questions sur les capitaux que vous auriez ensuite utilisé au grand jour, mais pas si le fisc venait à découvrir la fraude aux droits de succession. Le fait que la banque ait accepté votre DLU ne vous protège donc pas.
Il en va de même si le fisc vous avait déjà contacté à propos de la fraude que vous avez ensuite régularisée

19. La composition de mes avoirs à l'étranger a constamment évolué (des titres sont venus à échéance et ont été réinvestis, des actions ont été revendues puis réinvesties). Ce que j'ai en portefeuille aujourd'hui ne correspond plus à ce que j'avais sur la preuve relativement ancienne que je peux produire à ma banque. Comment faire ?

Cela ne pose pas de réel problème car il n'est pas exigé que vous régularisiez exactement la même chose que ce qui se trouve sur la preuve que vous fournissez. Il n'est même pas nécessaire de prouver noir sur blanc que ce que vous avez aujourd'hui provient effectivement de ce qui se trouve sur cette preuve.

  • Soit vous prouvez les remplois successifs (ventes puis réinvestissements successifs), auquel cas vous pouvez régulariser un capital équivalent à la valeur de vos avoirs mentionnés sur votre preuve (pour l'argent: on tient compte du montant mentionné sur la preuve, pour les titres, on se base sur leur valeur au 30/5/03).
  • Soit vous ne pouvez pas prouver les remplois successifs et vous ne pouvez régulariser que le plus bas des montants suivants: la valeur des avoirs selon leur composition mentionnée sur la preuve que vous produisez, et la valeur des avoirs selon leur composition en 2004 au moment de la régularisation (pour l'argent, on tient compte du montant rapatrié et pour les titres, on se base sur leur  valeur au 30/5/03).  

20. Depuis fin mai 2003, certains de mes titres sont venus à échéance. D'autres ont été revendus puis réinvestis. Est-ce que cela a une incidence pour la DLU ?

  • Soit vous prouvez les remplois successifs (ventes puis réinvestissements successifs), auquel cas vous pouvez régulariser un capital équivalent à la valeur de vos avoirs mentionnés sur votre preuve (pour l'argent: on tient compte du montant mentionné sur la preuve, pour les titres, on se base sur leur valeur au 30/5/03).
  • Soit vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas prouver les remplois successifs et vous ne pouvez régulariser que le plus bas des montants suivants: la valeur de vos avoirs à la date mentionnée sur la preuve que vous produisez, et la valeur des avoirs dont vous disposez en 2004 au moment de la régularisation. L'argent est toujours évalué pour son montant et les titres selon leur cours au 30/5/2003.  

21. Au 30/5/2003, je disposais d'euro-obligations en compte-titre au GD de Luxembourg pour 60.000 €. Depuis lors, une partie a été réinvestie en actions dont la valeur actuelle est de 55.000 €. Puis-je régulariser ce capital et pour quel montant ?

Le fait que vos titres de fin mai 2003 sont venus à échéance ou ont été vendus puis ont été réinvestis n'empêche pas du tout de procéder à une DLU. En ce qui concerne le montant régularisable, il faut distinguer selon que vous pouvez retracer le parcours du capital ou non. Si vous pouvez démontrer que les actions actuelles ont été acquise avec les sommes perçues pour les euro-obligations vendues ou venues à échéances, vous pouvez régulariser un montant égal au maximum à la valeur des euro-obligations au 31/6/03. Si vous ne pouvez pas retracer la suite des opérations, le montant maximum régularisable est le plus petit des deux montants suivants: la valeur des titres au 31/6/03 ou la valeur des titres que vous mentionnez dans la déclaration de DLU.

22. Je rapatrie un portefeuille de l'étranger et je choisis le taux de 6%. Faut-il réinvestir mes titres ou puis-je me contenter de conserver ceux que j'ai transférés ?

Vous pouvez parfaitement vous contenter de conserver les titres en question. Mais il est plus que probable que votre agence de banque vous proposera de réorganiser votre portefeuille en vous vantant les mérites de ses produits "maison". Il faut savoir que les agences ont des objectifs commerciaux à atteindre et que certaines banques ont fortement augmenté les objectifs de leurs agences pour 2004 suite à la DLU. Attendez-vous à une certaine pression de votre agence et réfléchissez avant de donner suite aux suggestions qui vous sont faites. Ce n'est pas parce que vous changez de banque qu'il faut changer de politique de placement.  

23. Je rapatrie des titres et capitaux de l'étranger. Je compte les utiliser pour acheter un immeuble, mais pas tout de suite. Est-ce que je peux profiter du taux de 6% ?

Parfaitement. Vous pouvez investir vos avoirs de plusieurs manières différentes et vous pouvez en changer en cours de route. Vous pouvez donc conserver dans un premier temps des actions, puis les vendre et en mettre le prix obtenu sur un compte à terme et enfin acquérir un immeuble ou payer des factures pour des travaux de rénovation. 

  24. Est- ce que la contribution peut être payée avec les capitaux rapatriés ou est-ce qu'il faut la payer avec d'autres fonds ? 

La contribution peut être payée avec les sommes qui font l'objet de la régularisation. Supposons que vous procédez à une régularisation pour 100.000 € au moyen de sommes et de titres que vous rapatriez et que vous souhaitez payer une DLU à 6%. La contribution à payer s'élève dans ce cas à 6.000 €. Vous prélevez ces 6.000 € sur les sommes et titres qui devront rester investis pendant 3 ans. Seuls les 94.000 € restant doivent donc rester investis pendant 3 ans. Vous pouvez également constituer la garantie complémentaire de 3% (3.000 € dans votre cas) avec ces titres et capitaux rapatriés. Si vous aviez choisi la contribution de 9% pour pouvoir disposer directement des sommes rapatriées, la réponse est encore plus simple: puisque vous avez la libre disposition immédiate de votre capital, vous pouvez bien entendu l'utiliser pour payer la contribution.

25. La DLU peut être effectuée jusqu'à la fin 2004. Je lis dans les journaux qu'il faut cependant s'y prendre à temps pour éviter de se trouver hors délai. Qu'en est-il?

Il faut que votre déclaration soit complète pour le vendredi 31 décembre 2004 au plus tard. Pour être complète, il faut que 4 éléments soient réunis:

  1. ce qui provient de l'étranger ou les valeurs mobilières à déposer doivent se trouver sur votre compte en Belgique. Le transfert de titres depuis l'étranger peut facilement prendre un mois;
  2. la déclaration doit être correctement remplie, datée et signée, en deux exemplaires;
  3. la preuve de l'existence de ces avoirs (leur "photo") doit être fournie au plus tard au 31 mai 2003;
  4. et lorsqu'il en faut une, la garantie spéciale pour le payement des 6% complémentaires doit être constituée (le contrat doit être signé).

Si vous attendez le 15 décembre, vous pouvez être sûr que vous ne serez pas dans les temps. En outre, si tout le monde attend novembre pour entamer ses démarches, la banque ne pourra tout simplement pas donner suite à toutes les demandes de rendez-vous ni traiter correctement les dossiers avant la fin de l'année.  

26. J'ai perçu des revenus mobiliers à l'étranger en 2003. Que puis-je en faire: DLU ou déclaration fiscale ?

Pour les revenus professionnels perçus après le 31 décembre 2001, il n'est plus possible de profiter de la DLU, mais pour les revenus mobiliers, c'est beaucoup plus souple. Vous pouvez faire une DLU pour tout ce qui a été perçu sur un compte à l'étranger avant le 1er juin 2003. Ce qui a été perçu après doit être mentionné dans votre déclaration fiscale. ATTENTION ! Si vous mentionnez des revenus mobiliers étrangers et un compte étranger dans votre déclaration fiscale du 30 juin 2004, il vaut mieux ne pas attendre décembre 2004 pour faire votre DLU. En effet, votre contrôleur découvrira l'existence de revenus mobiliers étrangers dès qu'il lira votre déclaration fiscale. S'il réagit en vous demandant des explications à propos des revenus mobiliers étrangers des années précédentes dont il ne trouve pas de trace, vous ne pourrez plus faire de DLU valable pour les revenus mobiliers à propos desquels il a déjà demandé des explications.  

27. J'envisage de faire une DLU, mais qu'en est-il des intérêts et dividendes perçus depuis le 1/6/2003 ? Je ne les ai pas mentionnés dans ma déclaration des revenus de 2003 que j'ai remise au fisc en juillet 2004 ?

 La DLU ne peut pas régulariser les revenus perçus après le 30/5/03. Vous étiez supposé les mentionner dans votre déclaration des revenus de 2003 (déclaration qui devait être rentrée pour la fin juillet 2004 au plus tard), mais il valait sans doute mieux ne pas attirer l'attention du fisc tant que la DLU n'était pas effectuée. Deux voies sont ouvertes: - une fois la DLU réalisée, vous adressez un courrier à votre contrôleur en indiquant les intérêts et dividendes de titres étrangers qui n'avaient pas subi le précompte mobilier belge; ou - vous choisissez de ne rien faire car vous estimez que les montants en jeu ne sont pas élevés (il n'y a pas beaucoup de revenus et le taux de taxation (15 et 25%) n'est pas élevé. Vous préférez ne pas vous signaler. Si vous utilisez le capital régularisé dans les prochaines années et que suite aux questions du fisc vous êtes amené à produire l'attestation DLU, il y a de fortes chances que le fisc en reste là, mais ce n'est pas une garantie. A titre d'illustration, voici le commentaire à ce sujet de Mr R. Rosoux, haut fonctionnaire des Finances, membre d'un cabinet ministériel et auteur d'un ouvrage sur la DLU: "L'administration n'a pas réagi à la faible importance du nombre de déclarants de comptes à l'étranger (0,7 %) alors que l'obligation de mention existe depuis l'exercice d'imposition 1997 (revenus de 1996). L'année 2003 est ainsi la 8ème année concernée. Elle serait dès lors vraiment très mal inspirée de se montrer tout à coup tatillonne alors que justement les contribuables rentrent dans le droit chemin. Nous ne percevons pas l'intérêt qu'aurait le fisc à "taquiner" le contribuable puisque son action serait totalement improductive et l'on imagine très mal que des instructions pourraient être données en ce sens." Ce n'est malheureusement pas une position officielle du fisc, mais l'opinion personnelle de son auteur.

28. Je suis indépendant et, habituellement, une partie de mon chiffre d'affaires est en noir. Si je fais la DLU, est-ce que je ne risque pas d'être coincé pour l'avenir ?

Il est évident que si vous régularisez la fraude passée et que vous devez ensuite utiliser votre attestation DLU parce que le fisc est tombé sur la piste de vos capitaux régularisés (achat d'un immeuble, investissements dans votre entreprise,...), vous serez dans le collimateur de votre contrôleur qui vérifiera attentivement votre comptabilité depuis 2002. Si vous voulez vous mettre en règle vis-à-vis du fisc, il faut le faire complètement et rester dans le droit chemin. Si ce n'est pas votre intention, le fait d'avoir participé à la DLU ne vous offre pas de protection parfaite.  

29. Je souhaite régulariser mes avoirs irréguliers, mais en même temps, je souhaite organiser ma succession car je suis âgé. Comment le faire au mieux ?

Le fait de devoir investir les avoirs régularisés pendant 3 ans (lorsqu'on choisit le taux de 6% et pour les titres qui n'étaient pas en compte-titres à l'étranger) peut être gênant. Lorsqu'on peut choisir entre 6 et 9%, il vaut parfois mieux payer directement 9% au lieu de 6% et ne pas être bloqué pendant 3 ans avant de pouvoir faire un don. Notez que pour les titres qui ne sont pas à l'étranger, vous ne pouvez échapper à cette obligation de 3 ans qu'en payant 6% en plus des 9% de départ, ce qui devient un peu élevé. Une fois que vous pouvez disposer librement de votre capital, vous pouvez le donner à qui vous le souhaitez. Si vous résidez en Flandre, vous pouvez faire une donation notariée au taux de 3% (7% s'il n'y a pas de lien de famille) et tout est en règle. Même si vous décédez le lendemain, il ne faut plus payer de droits de succession sur ce capital. Si vous résidez en Wallonie ou à Bruxelles, il faut attendre 3 ans après la donation ou le don manuel pour que ce qui a été donné n'entre plus en compte pour le calcul des droits de succession. Pour pallier à l'inconvénient du blocage des vos avoirs pendant 3 ans, on peut imaginer des montages grâce à votre banque: vous empruntez par exemple le montant que vous donnez immédiatement tout en mettant votre portefeuille en garantie. Vous pouvez également souscrire une police d'assurance décès qui permettrait de payer les droits de succession en cas de décès pendant la période de 3 ou 6 ans à couvrir. Mais si vous êtes âgé, c'est une option chère, et elle est quasiment impossible si vous avez des soucis de santé.  

30. J'ai commis une erreur dans ma DLU, puis-je la rectifier ?

Une fois la DLU complétée, il n'est pas prévu de pouvoir la rectifier ou l'annuler. Mieux vaut bien réfléchir avant de se lancer. Si vous hésitez pour une partie de vos avoirs, pourquoi ne pas faire une première DLU pour la partie dont vous êtes certain puis compléter s'il le faut ?  

31. Pour les avoirs qui appartiennent à plusieurs personnes, doit-on faire une DLU en commun ?

Non. La DLU est personnelle. Il faut que chacun fasse une DLU pour sa part dans les avoirs qui sont régularisés.  

32. Peut-on faire plusieurs DLU ?

Le titre de la loi parle d'une "déclaration libératoire unique", mais vous pouvez parfaitement effectuer plusieurs DLU. C'est l'opération d'amnistie elle-même qui devrait prendre fin le 31 décembre 2004 et qui ne devrait pas être répétée de sitôt. Il sera souvent impossible de ne faire qu'une seule DLU: le transfert de vos capitaux peut être plus rapide que celui de vos titres. Vos avoirs arrivent donc à des dates différentes, mais il faut que la déclaration soit complétée dès qu'ils sont arrivés sur votre compte. Il peut être très intéressant de scinder votre régularisation en plusieurs DLU. En effet, si le fisc vous pose un jour une question, vous sortez l'attestation qui correspond au montant à justifier, ni plus ni moins. Inutile de lui faire savoir que vous avez régularisé un montant (beaucoup) plus important.

33. Qu'en est-il de la confidentialité ?

Vous pouvez régulariser vos avoirs en les gardant à l'étranger ou en déposant vos titres au porteur sur un compte-titres d'une banque ou société de bourse étrangère. Dans ce cas, vous devez faire les formalités de régularisation en vous adressant à la Trésorerie du Ministère des finances. Même si le ministre des finances a déclaré que les informations ne circuleront pas de ce service vers votre contrôleur, on peut considérer qu'il n'y a pas de confidentialité et qu'il est probable que votre contrôleur sera informé de votre démarche. Il est probable que très peu de personnes suivront cette filière.   Si vous rapatriez vos avoirs ou si vous déposez vos titres au porteur sur un compte-titres en Belgique, il faut alors s'adresser à une banque, société de bourse ou compagnie d'assurances en Belgique. La confidentialité de la régularisation est assurée vis-à-vis du fisc aussi longtemps que vous ne faites pas usage de votre attestation. La banque doit transmettre à la Cellulle de Traitement des Informations Financières (CTIF) des relevés comportant le numéro de votre dossier, votre nom ainsi que les données de votre régularisation. La CTIF exerce en fait un simple rôle de notaire: si vous faites un jour usage de votre attestation à l'égard du fisc, la CTIF pourra attester qu'il s'agit bien d'une attestation correcte. Ce mécanisme a été mis en place pour éviter qu'on se fabrique de fausses attestations DLU.   Une exception à la confidentialité: si l'institution financière à laquelle vous vous êtes adressé soupçonne que vous lui confiez de l'argent provenant d'un délit ou d'une fraude qui doit être signalée à la CTIF. Dans ce cas, la CTIF est informée dans le cadre de sa mission de lutte contre le blanchiment et elle peut informer le fisc s'il s'agit d'une fraude fiscale grave. Notez que si la fraude fiscale grave est bien présente, la DLU que vous effectueriez serait sans valeur.

34. Mon père est décédé en 2004 il y a quelques mois. Bien qu'il ait perçu des revenus non déclarés ces dernières années, il n'avait pas encore procédé à la DLU. Est-ce que je peux faire une DLU pour régulariser les omissions qu'il a commises ?

Vous pouvez effectivement procéder à la régularisation qui permet d'obtenir le "pardon" pour toutes les omissions faites avant le 30 mai 2003. La DLU peut s'avérer très utile car les héritiers sont tenus de payer les dettes fiscales de leurs parents, même si le fisc découvre la fraude après le décès, par exemple suite à une enquête auprès d'une banque belge auprès de laquelle votre père disposait d'un compte. En ce qui concerne la déclaration de succession que vous devez établir, il faut déclarer correctement les sommes héritées car la DLU ne serait d'aucun recours en cas d'oubli de votre part. S'il y a d'autres héritiers, il faut bien sûr se mettre d'accord entre vous pour une attitude commune ou du moins cohérente. Chacun des héritiers procèdera à la DLU pour sa part. Pour la DLU, vous pouvez utiliser les attestations et documents établis à son nom. Vous devrez prouver à votre banque que vous êtes bien l'héritier de votre père, ce qui peut se faire par un acte de notoriété que vous délivrera le notaire. Vous aurez sans doute quelques difficultés à savoir quel est le montant exact des revenus non déclarés par votre père. La banque étrangère pourra vous y aider, mais s'il y a des revenus d'origine professionnelle ou des capitaux hérités, ce n'est pas toujours simple


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