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La France cherche sa voie (27/3/2006)


Déjà durement touchée par les manifestations estudiantines, la France devra tôt ou tard procéder à de sérieuses réformes si elle veut ne veut pas rater le train de la relance européenne.



Confrontée à des choix difficiles, la France devra tôt ou tard procéder à une série de réformes sérieuses si elle veut retrouver une croissance économique digne de ce nom.

La consommation, moteur de la croissance…
A 1,4 % en 2005, proche de la moyenne de la zone euro (1,3 %), la croissance française est avant tout le résultat du dynamisme du marché intérieur. Malgré un taux de chômage de près de 10 % et une faible progression des salaires, les Français ont profité des taux d’intérêt très bas et de l’appréciation de leur patrimoine immobilier pour investir et consommer. Le résultat est saisissant : depuis 2000, la consommation évolue de 2 % par an en moyenne, près du double de la moyenne européenne. Et cela ne semble pas près de s’arrêter. Si leur confiance n’évolue que peu, les ménages continuent d’accroître leurs dépenses, dont la hausse a atteint un pic historique début 2006.

… mais le commerce extérieur est déprimé
Pour expliquer la dégradation progressive de la balance commerciale, certains pointent du doigt la flambée du prix du pétrole, qui alourdit le coût des importations. Mais si le pétrole est cher, il l’est pour tous ! Or, l’Allemagne affiche un surplus commercial de 7 % du PIB pour 2005, grâce à la bonne tenue de ses exportations, alors que la France perd des parts de marché sur ce terrain et affiche un déficit de 1,6 % du PIB. D’autres raisons sont donc avancées, comme la forte présence de l’Allemagne sur les marchés asiatiques, qui contraste avec les exportations françaises, plutôt concentrées en Europe. Autre raison évoquée : le regain de compétitivité de l’Allemagne qui, grâce à des années de modération salariale, a sensiblement réduit son désavantage en termes de coûts du travail. Enfin, la France exporte surtout des produits à forte concurrence, alors que les exportations allemandes sont plus diversifiées : les biens d’équipement industriel sont ainsi très demandés en Asie.

Réformes : le maillon faible de l’économie
La relance de l’économie européenne – qui favorisera les exportations françaises – et la bonne tenue du marché intérieur devraient faire de l’année 2006 un cru raisonnable pour l’économie française avec une croissance attendue de près de 2 %. Il ne faut cependant pas s’y tromper. Au-delà de cette relance cyclique, la France devra tôt ou tard procéder à une série de réformes sérieuses si elle souhaite passer à la vitesse supérieure. Le marché du travail semble prioritaire. Les quelque 50 000 postes de travail créés en 2005 sont le plus souvent précaires et lourdement subsidiés. Entre la protection absolue des contrats à durée indéterminée et la précarité absolue qui affecte ses jeunes, la France a du mal à trouver un juste milieu. Elle compte le taux de chômage le plus élevé de la zone euro pour les jeunes de moins de 25 ans, à 21,7 %. Et si la productivité française par heure travaillée est dans la moyenne, le nombre de Français actifs reste très bas. La simplification de la fiscalité, la réforme des pensions et de la sécurité sociale sont autant de pas douloureux mais nécessaires pour éviter d’accumuler les déficits et accroître une dette publique, passée de 58,8 % du PIB en 2002 à 67 % aujourd’hui.

Conclusion
Si la performance de l’économie française reste décevante, la Bourse de Paris a néanmoins progressé de plus de 60 % depuis le printemps 2003. Elle compte aujourd’hui parmi les Bourses chères d’Europe. Cela n’empêche pas un certain nombre d’actions françaises de rester bon marché, justifiant selon nous un conseil d’achat. C’est le cas de AGF, Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole, Peugeot et Renault.


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