Couronne norvégienne (14/3/2006)
N'est-il pas intéressant de se diversifier dans cette devise ?
La couronne norvégienne (NOK) a connu ces dernières années deux
périodes de grande cherté. En 2002 tout d’abord, la NOK était chère par rapport
à l’euro en raison d’un important différentiel de taux. Les taux directeurs dans
la zone euro s’élevaient en effet à l’époque à 3,5 % contre 7 % pour
la Norvège.
La politique monétaire très restrictive de la Norvège a ensuite
conduit à un très net ralentissement de l’économie norvégienne début 2003. Pour
y remédier, la Banque centrale norvégienne a alors décidé d’abaisser rapidement
les taux directeurs qui sont passés de 6,5 % début 2003 à 1,75 % en
mars 2004.
Cette forte baisse des taux s’est également accompagnée d’une
forte baisse du cours de la NOK qui a alors retrouvé un niveau d’équilibre par
rapport à l’euro.
Mais cette situation n’a pas duré. La Norvège est en effet
un important exportateur de pétrole et dès que les cours du pétrole s’emballent,
ils dopent la devise norvégienne. Cela a encore été le cas dans le courant du
second semestre 2005 quand le cours du pétrole a littéralement explosé. La NOK
est alors redevenue très chère par rapport à l’euro.
Depuis toutefois, la
situation a de nouveau changé. Dans le sillage de la baisse modérée du cours du
pétrole, la devise norvégienne a amorcé une nouvelle baisse et n’est plus, selon
nous, que légèrement surévaluée par rapport à l’euro. Ce mouvement de baisse
pourrait même se poursuivre si la baisse du cours du pétrole venait à se
confirmer. De ce point de vue, il ne nous semble donc guère intéressant
d’investir dans la couronne norvégienne.
Par ailleurs, le rendement des
obligations en couronne norvégienne n’est pas beaucoup plus élevé que celui des
obligations en euro : le rendement brut sur les obligations à cinq ans en NOK
est de 3,60 % contre 3,40 % en euro. Comme le cours de la couronne
norvégienne peut qui plus est fluctuer fortement, nous vous conseillons plutôt
d’opter à titre de devise de diversification pour la couronne suédoise. Celle-ci
est fortement sous-évaluée et possède encore en joli potentiel d’appréciation.
