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Le brouillard se lève lentement
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L’encre des derniers amendements au
projet de taxation des sicav à peine sèche, un nouveau paysage fiscal apparaît,
qui va toucher bien des placements très populaires.
Une première remarque
s’impose : les sicav de capitalisation seront moins intéressantes qu’avant,
mais elles conservent certains atouts. Voyez au-delà de la fiscalité et
relativisez ! Mi-octobre, le gouvernement a annoncé de nouvelles
mesures, notamment l’introduction d’un précompte mobilier de 15 % sur
certaines plus-values, la hausse de la taxe boursière, portée à 1,1 % et
l'instauration d'une taxe, de 1,1 % aussi, sur les versements effectués
dans une assurance-vie. On en sait un peu plus aujourd’hui. Voyons cela de plus
près.
Précompte mobilier · Seules les sicav de capitalisation
sont concernées. Les sicav de distribution sont déjà soumises au précompte
mobilier de 15 ou de 25 % selon les cas. · En outre, les nouvelles mesures
s'appliquent seulement aux sicav ayant au moins investi 40 % de leur
portefeuille en placements à revenus fixes comme des obligations et des
liquidités. Mais, comme au niveau européen, la fameuse clause du
grand-père joue ici. Autrement dit, la mesure ne touche pas les obligations
émises avant le 1er mars 2001 et reprises dans le portefeuille des sicav. Les
fonds d’épargne-pension ne seront pas non plus soumis au précompte
mobilier. · Les sicav concernées
doivent enfin disposer du passeport européen, c’est-à-dire qu’elles
doivent pouvoir être commercialisées dans toute l’Union. Pour savoir si c’est le
cas, allez sur les fiches détaillées des sicav, sous
‘Information
générale’. La plupart disposent de ce passeport. Le gouvernement se réserve
le droit d’appliquer plus tard les nouvelles mesures aux sicav ne disposant pas
du passeport européen, par exemple les sicav avec protection du
capital. · Si vous vendez une partie
de vos sicav entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2007, seuls
les intérêts issus des placements à revenus fixes de vos sicav seront
taxés. Le gouvernement a décidé d’agir rétroactivement, en taxant les intérêts
perçus depuis le 1er juillet 2005, sauf si vous pouvez prouver (au
moyen de votre bordereau d’achat par exemple) que vous avez acheté vos parts
après cette date. · A partir du
1er janvier 2008, ce sera la totalité de la plus-value de vos
sicav qui sera taxée, à savoir le fruit des placements à revenus fixes plus
l’éventuelle hausse (ou baisse) du cours des obligations que vos sicav ont en
portefeuille. Le
gouvernement se réserve toutefois le droit de continuer à se baser sur les seuls
intérêts perçus au-delà de 2007.
Taxe boursière (TOB) · L’actuelle taxe sur les opérations
boursières (TOB) est de 0,5 % sur la revente des parts de capitalisation. A
partir du 1er janvier 2006 et jusque fin 2007, elle sera de 1,1 %. Le
maximum de 750 euros est maintenu. Cette taxe vaut pour toutes les sicav de
capitalisation, même les sicav d'actions ou avec protection du capital. Début
2008, la TOB devrait en principe revenir à 0,5 %. · Pour inciter les épargnants à passer de la
capitalisation à la distribution, le gouvernement a décidé de mettre en place un
régime favorable mais provisoire. Si vous passez de l’une à l’autre au cours des
deux premiers mois de 2006, vous devrez payer une taxe boursière de 1,1 %,
mais vous pourrez la récupérer si vos parts de distribution sont placées sur un
compte-titres ou enregistrées à votre nom pendant un an. Vous recevrez dans ce
cas une attestation qui vous permettra de récupérer la taxe. Seront considérées
comme sicav de distribution celles qui distribueront la totalité de leurs
revenus.
Taxe sur l'assurance-vie ·
Une nouvelle réglementation est mise en place pour toutes les assurances-vie,
notamment les produits de la branche 21 et branche 23. A partir
de 2006, les versements seront amputés d’une taxe de 1,1 %. · Au départ, le gouvernement avait affirmé
que cette taxe serait sans influence pour l'épargnant, ce qui nous semblait peu
crédible. Aujourd’hui, les choses sont claires : ce sont évidemment les
particuliers qui vont payer cette taxe. · Vous
avez donc tout intérêt à effectuer vos versements avant la fin de
l’année.
Concrètement · Si vous avez des sicav de distribution,
rien ne change pour vous. Vous payez déjà le précompte et vous continuerez à le
payer, mais vous êtes dispensé de la TOB. · Si vous avez des sicav de capitalisation
qui ne tombent pas sous le coup de la nouvelle mesure, le seul changement
concernera la TOB pour la période 2006-2007. Elle passe, en cas de vente de vos
parts, de 0,5 à 1,1 %, mais en principe elle devrait revenir au point
de départ en 2008. · Si vous avez
des sicav de capitalisation qui tombent sous le coup de la nouvelle mesure, vous
avez deux possibilités : – Passer à des sicav de distribution. Il vous
en coûtera 1,1 % de TOB, mais si le transfert intervient pendant la période
de transition qui court jusque fin février, vous pourrez la récupérer par la
suite. Le précompte s'appliquera évidemment aux coupons distribués. – Ne rien
faire. C'est alors au moment de revendre vos parts que vous serez taxé. Avant
2008, vous paierez une TOB de 1,1 % sur le montant de la vente plus un
précompte de 15 % sur les intérêts issus des placements à revenus fixes.
Après 2008, la TOB reviendra en principe à 0,5 % mais le précompte pourrait
s'appliquer sur la totalité de la plus-value (intérêts plus évolution, positive
ou négative, du cours des obligations).
Relativisez ! · Que vous payiez un précompte annuel sur vos
dividendes (distribution) ou que vous le payiez en une fois à la revente de vos
parts (capitalisation), c’est à peu près pareil sur le plan financier. Mais cela
va réduire l’attrait des sicav de capitalisation. · La TOB augmente pour les parts de
capitalisation (1,1 %), mais seulement en cas de revente en 2006 et en
2007. A partir de 2008, elle revient en principe à 0,5 %. Cette hausse est
insuffisante, surtout lorsqu'il s'agit de placements à long terme, pour
justifier un transfert vers des parts de distribution. · Reste la question de la taxation éventuelle
de la totalité de la plus-value générée par les placements à revenus fixes de la
sicav à partir de 2008. Si le cours des obligations en portefeuille augmente,
c’est défavorable aux sicav de capitalisation. S'il diminue, c’est favorable.
Mais à long terme, le rendement d’une sicav obligataire dépend bien plus des
intérêts versés par les obligations en portefeuille que des variations de cours
enregistrées par ces dernières. Au bout du compte, la taxation ne sera pas
forcément plus lourde pour les sicav de capitalisation que pour les sicav de
distribution. Nous ne voyons donc pas de raison de convertir vos parts de
capitalisation en parts de distribution. · Nous le savons, le rapport entre les Belges
et la fiscalité est difficile. Ne perdez pas de vue ce qui est essentiel et ne
vous laissez surtout pas abuser par des propos tels ceux du ministre des
Finances qui a conseillé dans un premier temps de passer des sicav obligataires
aux sicav d’actions. Ce sont deux choses totalement différentes, tant en termes
de risque qu’en termes de rendement. Intéressez-vous d’abord aux qualités
intrinsèques de vos sicav, à leurs perspectives d’avenir, à votre profil de
risque, à votre horizon temporel. C’est de loin le plus important. · Ne perdez pas non plus de vue le côté
pratique des choses. Opter pour des sicav de distribution, cela veut dire
toucher des (petits) dividendes tout au long de l’année, parfois en devises
étrangères et qu’il faut changer en euros – ce qui entraîne des
frais.

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