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Vous voulez éviter des droits de succession trop élevés à vos
enfants, tout en restant dans votre maison ou en conservant les revenus de vos
placements ? La donation avec réserve d’usufruit est peut-être la solution.
Dans une telle donation, vous donnez en réalité la nue-propriété au
bénéficiaire et vous conservez l’usufruit. S’il s’agit d’un immeuble, vous
avez le droit de l’habiter ou de le mettre en location, s’il s’agit d’argent ou
de titres, vous en percevez les intérêts. Pour séduisante qu’elle soit, la
donation avec réserve d’usufruit présente aussi sa part d’inconvénients.
Donation de titres
Tout d’abord, il paraît difficile de se réserver l'usufruit d'un bien
meuble si l'on fait un don manuel. Ce dernier se caractérise en effet par la
remise du bien meuble de la main à la main, comment dans ces
conditions s’en réserver l’usage ? S'il s'agit d'argent, mieux vaut prévoir une
donation avec charge (dans le pacte adjoint par exemple), la charge consistant dans
le paiement d'une rente au donateur. La gestion d’un portefeuille de titres peut
aussi poser problème car, en principe, seul le nu-propriétaire peut vendre les
titres, mais il ne peut le faire sans l’accord de l’usufruitier. En cas de
litige, la situation pourrait bien être bloquée. Par ailleurs, si le
portefeuille est mal géré, c’est l’usufruitier qui en fera les frais car son
revenu risque d’être réduit. Mieux vaut donc prendre l’avis d’un professionnel
et préciser les compétences de chacun.
Donation d’un immeuble Dans le cas d'une donation d'immeuble, la
réserve d'usufruit peut poser problème en ce qui concerne l’entretien de
l’immeuble. En principe, l'usufruitier n'est tenu que des réparations
d'entretien, par opposition aux grosses réparations, à charge du
nu-propriétaire. Mais il arrive souvent que l'usufruitier, l'âge venant, néglige
quelque peu les réparations d'entretien et que cela conduise à des conflits avec
le nu-propriétaire. Parallèlement, si ce dernier reste en défaut d’effectuer les
grosses réparations, l’usufruitier pourrait être forcé d’aller en justice. A
noter aussi que c’est l’usufruitier qui doit payer le précompte
immobilier.
L’achat scindé Il
n’est pas rare que des parents achètent une résidence secondaire ou des titres
et en donnent la nue-propriété à leurs enfants, tandis qu’ils se réservent
l’usufruit. Mais le fisc considérant comme faisant partie de la succession du
défunt les biens acquis par lui en usufruit et par ses héritiers en
nue-propriété, les héritiers paieront des droits de succession comme s’ils
héritaient du bien en pleine propriété. Pour éviter cela, il suffit que les
parents leur fassent une donation d’argent (notariée ou par don manuel, auquel
cas il faut pouvoir le prouver) avant l’acquisition des biens, afin que les
enfants soient en mesure de payer eux-mêmes la nue-propriété de l’immeuble ou
des titres.
Pas toujours
intéressant Du point de vue des droits d'enregistrement, une
donation avec réserve d'usufruit ou une donation en pleine propriété, cela ne
change généralement pas grand-chose. En effet, si vous constituez un usufruit à
votre profit, les droits d'enregistrement seront dus sur la valeur totale des
biens. Par contre, il n’y aura plus rien à payer quand l’usufruit prendra fin, à
votre décès ou à la date fixée par vous. Reste que si vous n'avez pas d'autre
actif que votre immeuble, par exemple, il risque de coûter plus cher à vos
héritiers si vous leur en faites donation que s'ils en héritent à votre décès.
Il faut en effet tenir compte de deux éléments : – vos enfants ont droit à
un abattement sur les droits de succession, avantage qu'ils n'ont pas en cas de
donation – la donation entraîne des frais de notaire non négligeables.
Un exemple
chiffré Robert a deux enfants. Il est propriétaire de sa
maison, d'une valeur de 200 000 euros et il a des titres et valeurs pour un
montant de 100 000 euros. Robert ne peut pas se permettre de donner de
l'argent à ses enfants car il n'a qu'une petite pension et préfère assurer ses
vieux jours. Il souhaite également continuer à occuper son immeuble.
Quatre scénarios sont envisageables : – 1. S'il ne fait
rien, ses enfants se partageront, à son décès, 300 000 euros. Sur cette
somme, ils paieront uniquement des droits de succession. – 2. Si Robert
décide de faire une donation de sa maison avec réserve d'usufruit, ses enfants
paieront sur la donation de l’immeuble des droits d'enregistrement, ainsi que
des frais de notaire d’environ 1 400 euros. A son décès, ils paieront
des droits de succession sur les biens mobiliers. – 3. Si Robert fait une
donation de ses biens meubles en nue-propriété, ses enfants paieront des droits
d’enregistrement sur la donation des titres, ainsi que des frais de notaire,
estimés à 1 200 euros. A son décès, ils paieront des droits de
succession sur l’immeuble. – 4. Si Robert donne tous ses biens en
nue-propriété, ses enfants paieront des droits d’enregistrement sur les deux
types de biens, et deux fois des frais de notaire. Par contre, ils ne paieront
plus de droits de succession à son décès.
Droits de succession et/ou
d’enregistrement à charge de la famille
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Bruxelles |
Wallonie |
Flandre |
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Scénario 1 |
15 600 |
16 250 |
15 000 |
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Scénario 2 |
14 500 |
9 900 |
15 650 |
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Scénario 3 |
10 900 |
10 200 |
16 200 |
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Scénario 4 |
16 600 |
11 600 |
16 850 |
Comme on le voit, la donation avec réserve d’usufruit n’est pas
la panacée. Tout comme pour la donation simple, chaque cas doit être examiné
avec attention et doit tenir compte de la situation familiale, des montants et
biens en jeu et surtout, du domicile fiscal du donateur.

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