|

Risque fiscal en cas de transfert de titres matériels sur un compte titres
|
La disparition des titres
au porteur entraînant une perte d’anonymat, faut-il craindre que le fisc ne
cherche à en tirer parti ? Quelles sont les dispositions prises à cet
égard par l’administration ? Et comment réagir en pratique ?
Mise au
point La détention de titres au porteur, chez
soi ou dans un coffre en banque, n’a rien d’illégal. Ce qui peut poser problème,
c’est l’impôt dû sur le revenu de ces titres. A-t-il été payé ? · S’il s’agit de titres belges (bons de
caisse, bons d’Etat, actions), le précompte mobilier a toujours été retenu au
moment de l’encaissement du revenu, même à l’étranger. Pas question de fraude
donc. · S'il s'agit de titres
étrangers dont les coupons ont été perçus à l'étranger, mais non déclarés
ensuite au fisc belge, cela devient plus délicat. · Sil s'agit de titres reçus en héritage mais
qui n’ont pas été mentionnés dans la déclaration de succession, c’est plus
grave. Car le fisc dispose alors de dix ans pour rectifier les droits de
succession et infliger une (lourde !) amende. · S’il est prouvé que les avoirs en titres
sont issus de revenus professionnels non déclarés, le problème est tout aussi
sévère.
Quels
risques ? Faut-il le répéter ? Passer des revenus
sous silence n’est pas permis par la loi. Mais inutile de nier pour autant que
bon nombre de revenus mobiliers n’ont effectivement pas été déclarés. Si vous
êtes concerné, peut-être vous demandez-vous si vous courrez un risque (et
lequel) au moment de déposer des avoirs en compte-titres. · Dans le cadre d’un contrôle fiscal
classique, le contrôleur n’a pas le droit de poser des questions à la banque et
n’aura donc pas directement connaissance des montants transférés. · En revanche, en cas de déclaration de
succession, le contrôleur a un droit de regard sur les comptes du défunt et de
son conjoint. Tout montant dont on ne pourra prouver l’origine ou qu’il était
déjà détenu il y a 3 ans (voire il y a 5 ans, s’il y a déjà des indices de
fraude) sera considéré comme un revenu caché et pourra être lourdement imposé.
· En outre, en cas de soupçon de
blanchiment d'argent, de fraude fiscale grave et organisée, ou si un des
critères déterminés par arrêté royal est rencontré (utilisation de comptes de
passage pour camoufler l'origine de fonds, reprise d'activité soudaine sur un
compte dormant, mouvements de fonds en provenance de paradis fiscaux, absence
d'explication vérifiable sur l'origine de fonds, etc.), la banque signale
l'opération à la Cellule de traitement des informations financières (la CTIF, le
gendarme anti-blanchiment). Si la CTIF conclut qu'il y a de sérieux indices de
blanchiment ou de fraude fiscale grave, elle informe le parquet, lequel
répercutera l’information au fisc. Mais ces mesures ne concernent généralement
pas les petits porteurs.
Régularisation Quoi
qu’il en soit, l’administration vous donne la possibilité de procéder légalement
à la régularisation fiscale de vos avoirs. Une démarche qui vous garantira
l’immunité fiscale pour les revenus régularisés et l’immunité pénale pour les
infractions commises en matière fiscale. Vous souvenez-vous de la «déclaration
libératoire unique» (DLU), qui a permis en 2004 de régulariser à bon compte les
revenus mobiliers non déclarés ? Ceux qui n'en ont pas fait usage alors
peuvent encore y faire appel aujourd’hui (mais à des conditions moins
favorables). · Pour les revenus
mobiliers non déclarés, la régularisation prévoit le paiement de l'impôt dû plus
une amende de 10 %. – Les intérêts non déclarés (d’une
euro-obligation par exemple) seront ainsi taxés à 25 % (précompte mobilier
de 15 % plus amende de 10 %). – Pour les dividendes d’actions, la
taxation dépendra du montant du précompte habituellement retenu. Dans la
majorité des cas, elle sera ainsi de 35 % (précompte mobilier de 25 %
plus amende de 10 %). Pour les actions émises après mars 1992 (par
augmentation de capital ou introduction en Bourse de nouvelles actions), les
dividendes bénéficient d’un précompte réduit de 15 % et la taxation finale
sera dès lors de 25 % (15+10). · Pour les droits de succession ou pour
les revenus professionnels éludés, il n’y a pas d’amende, mais il faudra payer
l'impôt normal, ce qui peut représenter une grande partie du montant
concerné.
Une fois la déclaration de
régularisation introduite, l’administration communiquera dans les trente jours
le montant dû. Vous devrez vous en acquitter dans les quinze jours, puis vous
recevrez l’attestation de régularisation. Si les montants en jeu sont
importants, n’hésitez pas à vous faire assister d’un
spécialiste.
Pour obtenir le formulaire de régularisation :
Appelez le 02 579 38 00
ou téléchargez-le sur www.ruling.be
Pour renvoyer le formulaire dûment complété :
SPF Finances - Service des Décisions Anticipées Rue
Marie-Thérèse, 1
1000 Bruxelles

|