Sans
doute acculé par le poids de sa dette, l'italien
négocie un dangereux virage stratégique. Action correctement évaluée.
CONSERVEZ.
Moins de deux ans après avoir acquis les
44 % de sa filiale mobile TIM qu’il ne détenait pas encore, Telecom Italia
s’oriente vers un revirement stratégique complet. Affirmant vouloir se focaliser dorénavant sur l’Internet haut débit et les médias, il
n’exclut pas de se séparer, à terme, de ses activités mobiles. Selon
nous cependant, sa principale motivation, c’est sa lourde dette
et celle de son actionnaire de référence Olimpia. La vente totale de la filiale mobile
TIM permettrait à Telecom Italia de réduire sa dette de moitié,
tout en distribuant un dividende exceptionnel de plus d’1 EUR, lequel viendrait renflouer les
caisses du holding de contrôle Olimpia. Pour le petit actionnaire, ce ne serait donc
pas forcément une mauvaise nouvelle. Par ailleurs, le départ du
PDG, qui a été à l’origine de la dette, est une bonne
nouvelle. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant car il faut
encore trouver un acheteur et obtenir l’aval de l’Etat italien. Enfin, un tel
changement stratégique n’est pas sans créer d’incertitudes. Car il est évident
que l’absence de l’activité mobile pourrait nuire à l’avenir du groupe, surtout
si la téléphonie de troisième génération décolle réellement. Pour preuve, la
décision de l’opérateur britannique BT Group, jusqu’ici présent uniquement dans
la téléphonie fixe, de s’associer avec Vodafone pour fournir de la téléphonie
mobile à ses clients.
Cours au moment
de l'analyse : 2,27 EUR
Telecom Italia est pour l'instant
le premier opérateur télécom en Italie (fixe et mobile). Il réalise aussi 10,5 %
de son chiffre d’affaires à l’étranger, surtout en téléphonie mobile au Brésil,
via TIM Brasil Group (deuxième opérateur mobile brésilien).