Keytrade Bank propose jusqu’au 21 mars une sélection de 500
sicav à zéro euro zéro centime de frais d’entrée. Une campagne, temporaire
hélas, qui place la banque en ligne aux côtés de spécialistes du genre. C’est
fort intéressant, mais attention : le niveau des frais n’est pas le seul facteur
qui doit guider vos achats.
· Vous avez jusqu’au
21 mars pour investir en sicav via Keytrade Bank en évitant les frais d’entrée
(forfaitaires de 9,95 euros). La banque en ligne remet donc le couvert
après une campagne à succès il y a quelques mois. Ce faisant, elle se range
– pour un temps – à côté des institutions comme Fortuneo et la
Deutsche Bank qui ne comptent pas de frais d’entrée. La première sur l’ensemble
de sa gamme de 46 sicav, la seconde sur une sélection d’une soixantaine de
sicav.
· Cette promotion de Keytrade
Bank est libre de toute autre condition. Que vous investissiez 100 ou
10 000 euros, peu importe : les frais sont de zéro euro zéro centime.
Cette offre ne vaut pas pour les trackers.
COMMENT FONT-ILS ?
· Comment une institution financière
peut-elle vendre un produit gratuitement ? La réponse à cette question se
trouve dans ce qu’on appelle les rétrocessions. Il est d’usage, sur le
marché des sicav, que le distributeur (BinckBank, Deutsche Bank ou un autre)
touche une rémunération (une rétrocession) sur les sicav de tiers qu’il
vend à ses clients. Leur réseau de distribution est d’ailleurs la seule porte
d’accès au marché belge des organismes de placement anglo-saxons de
gestionnaires comme Fidelity ou BlackRock Merrill Lynch qui ne disposent ni
d’agences, ni de plates-formes de vente dans notre pays.
Concrètement, pour
chaque euro qu’il vend, le distributeur se voit rétrocéder une partie des
frais de gestion comptés au client. Cette rémunération est proportionnelle, mais
elle varie d’une sicav et d’un gestionnaire à l’autre. Elle peut aller jusqu’à
90 % sur base annuelle de la commission de gestion. A la Deutsche Bank,
elle est de 50 à 60 %.
· Ces rétrocessions ont un côté positif et un
côté négatif. Le côté positif est que le client, c’est-à-dire vous, n’est pas
concerné. Que la commission de gestion de 1,5 % d’Aviva Morley UK Equity
Focus Fund aille entièrement ou
partiellement à Aviva ou à Keytrade Bank, cela ne change rien ! Cela fait
toujours 1,5 % de commission de gestion… Le côté négatif tient, lui, au fait que
les gestionnaires qui souhaitent vendre leurs sicav en Belgique tiennent souvent
compte du fait qu’ils doivent rétrocéder une partie de leur commission de
gestion à leur intermédiaire, ce qui les pousse à gonfler cette commission.
C’est paradoxalement une des raisons pour lesquelles un gestionnaire comme
Vanguard (voir notre éditorial en p. 1 de F&S 150
), partisan des frais écrasés, n’ait pas réussi à vendre ses
produits dans notre pays. Avec une commission de gestion de 0,27 % en
moyenne, personne ne s’est précipité pour vendre ces sicav. Exit Vanguard.
EVOLUTION DE FIDELITY FPS MODERATE
GROWTH (en euros)

La sicav mixte neutre de Fidelity n’est qu’un
exemple de ces sicav gratuites qui peuvent être achetées sans payer de frais
d’entrée. Profitez-en.
· La campagne de
promotion de Keytrade Bank vous permet – pour un temps – d’acheter sans frais
13 sicav reprises en gras dans leur catégorie. Des sicav d’Aviva Morley,
BNP Paribas, Capital@Work, Carmignac Investissement, Crédit Agricole, Fidelity,
Henderson, Robeco et autres Schröders, tous gestionnaires qui ne travaillent
qu’avec un petit ou pas de réseau de distribution du tout. De plus, cette banque
en ligne ne compte pas de frais de garde pour les sicav placées sur
compte-titres.
· Attention toutefois
: le fait que ces sicav puissent être achetées sans frais ne doit pas vous
inciter à vous jeter sur elles tête baissée. Le plus important, ce sont encore
et toujours les qualités de gestion (voir nos étoiles), les perspectives
qu’offrent une sicav et son marché. Vous devez aussi vérifier que le produit
visé correspond à vos besoins (horizon de placement, profil de risque,
portefeuille actuel).
POUR LES PLUS FUTÉS
· Ne croyez surtout pas que l’habitude de
calculer des frais d’entrée sur le montant investi soit tombée en désuétude. Les
grandes institutions financières continuent à appliquer cette formule parce
qu’elles peuvent se le permettre. Leur réseau de distribution quadrille le pays.
Les petites institutions, elles, doivent attirer l’attention. Comment ? En
proposant des frais réduits mais en s’assurant des rentrées régulières via les
rétrocessions. Ce qui nous indiffère, sauf si au bout compte les coût augmentent
pour l’épargnant.
· Cette situation
peut être mise à profit par les plus futés. Chez Rabobank.be, il ne faut ainsi
payer que 2 % de frais d’entrée sur une sélection de sicav de Fortis qui
chez le bancassureur sont proposées à 2,5 %. Petercam demande 3 % de
frais d’entrée, mais à la Deutsche Bank il ne faut pas débourser pour les mêmes
sicav que 2 %, chez Argenta 1 à 1,5 % (sur une sélection) et chez
Rabobank.be 1 % ! Sur le marché des fonds d’assurance (branche 23),
c’est mieux encore. Des courtiers indépendants comme DefA et VDV Conseil
proposent les produits à des conditions très avantageuses par rapport à l’offre
des maisons mères, ce qui était impensable autrefois. En outre, vous bénéficiez
en tant qu’abonné de Fonds & Sicav d’une réduction supplémentaire de
0,5 %. Ouvrez l’oeil et le bon, ça peut rapporter !