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Cash-flow (28 avr 2008 )
Cash flow : quel outil d'analyse ?
Pour juger de la santé d’une entreprise, les
investisseurs observent les bénéfices et les dividendes. D’autres éléments
entrent pourtant en ligne de compte. Parmi eux, une donnée au moins aussi
importante :le cash-flow.
Littéralement, cash-flow signifie flux de liquidités.
Dans le langage comptable, le terme connaît plusieurs acceptions. Pour ne
pas trop compliquer, nous traiterons ici de la notion de cash-flow
opérationnel ou liquidités opérationnelles (générées par les
activités industrielles de la société).
Bénéfice · Succinctement, le bénéfice d’une société
sur une période donnée, c’est l’écart entre les revenus (essentiellement le
chiffre d’affaires) et les coûts (coûts de production, charges financières de la
dette, impôts). · Ce bénéfice est
réparti entre d’une part la réserve pour les investissements et d’autre part les
actionnaires (dividendes, rachats
d’actions). · Un
exemple En 2007, chez Delhaize (conservez) : sur un bénéfice de 410 millions
(4,2 EUR par action), 266 millions ont été mis en réserve et 144 millions
distribués en dividendes (1,44 EUR brut).
Cash-flow · Le cash-flow est la somme des
entrées et sorties de liquidités sur une période. En gros, il fonctionne comme
un compte bancaire, qui répertorie les entrées et sorties d’argent effectives.
· Les entrées et sorties de
liquidités sont différentes de la notion globale de bénéfice. P.ex., l’usure
d’une machine est considérée comme un coût et ce coût est concrétisé dans les
comptes par un amortissement. Mais, cette machine étant déjà
effectivement payée, ce coût n’implique plus de sortie de liquidités. Dans les
comptes, le montant de l’amortissement est retiré du bénéfice, mais pas du
cash-flow. · Le cash-flow
permet de voir à quel point la société est
capable de générer des liquidités et ce qu’elle peut consacrer au remboursement
de la dette, aux investissements, aux dividendes. · Un
exemple Coca-Cola (conservez) a affiché un bon
cash-flow en 2007. Il a ainsi pu relever son dividende
de 10 %, tout en pouvant encore investir dans le marketing. Et cela nous a
décidé à inscrire dans nos prévisions pour 2008 une hausse de 12 %
du dividende.
Précision des
résultats · L’analyse du cash-flow permet de
déjouer des manipulations comptables (pas illégales) qui présentent parfois la
société sous un jour meilleur que ce qu’il en est réellement. Ainsi, le chiffre
d’affaires d’une entreprise (montant pour lequel elle a réalisé des ventes) est
inscrit directement dans les comptes. Mais si des délais de paiement sont
accordés aux clients, ces sommes déjà comptabilisées et prises en compte dans le
calcul du bénéfice ne sont pas encore dans les caisses. Si, dans le même temps,
fournisseurs, salariés, etc. sont payés sans retard, le niveau de la trésorerie
risque de se déséquilibrer, ce qui peut être dangereux si cela dure, car la
société doit continuer à financer son cycle d’exploitation. Un danger que la
simple analyse du bénéfice ne permet pas de déceler mais que le cash-flow révèle. · Un
exemple Très schématiquement, la situation chez Michelin
(en millions d’euros) :
|
année |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
|
Bénéfice
net |
655 |
890 |
570 |
770 |
|
Amortissem. |
790 |
800 |
870 |
825 |
|
Autres: stock, créances… |
-125 |
-660 |
-250 |
265 |
|
Cash-flow |
1320 |
1030 |
1190 |
1860 |
Le cash-flow de Michelin a rebondi en 2007. C’est
grâce à ses performances, mais aussi parce que les stocks, qui coûtent à
l’entreprise, ont diminué, ce qui démontre que la société a été capable de
produire à un niveau plus proche de celui des ventes effectives; et parce que
les créances ont aussi reculé, ce qui prouve que le groupe est parvenu à réduire
les délais de paiement de ses clients. Et ce cash-flow élevé a permis de
bien réduire la dette.
Vision plus globale · L’analyse du
cash-flow
dépasse l’analyse ponctuelle du résultat. Elle donne une indication sur la
stratégie de long terme. Les liquidités augmentent-elles régulièrement
(l’idéal) ? Les investissements contribuent-ils à générer plus de
liquidités ou sont-ils trop prudents ? Comment sont utilisées les
liquidités (rémunérer l’actionnaire, désendettement,
investissements…) ? · Un exemple Chez Chevron (achetez), ces cinq
dernières années, les liquidités générées ont crû en parallèle avec les
bénéfices, grâce à la hausse de prix du baril. Elles ont permis de couvrir la
hausse du coût des investissements nécessaires à l’accroissement des réserves,
mais aussi de rembourser la dette et de bien rémunérer l’actionnaire. · Un cash-flow
faible peut être un signal d’alarme. Si, en
dépit d’un bon chiffre d’affaires, les liquidités rentrent mal (délais de
paiement des clients trop long, cas typique d’une petite société en croissance)
ou sont mal dépensées (stocks importants), l’entreprise peut avoir du mal à
faire face à ses obligations (fournisseurs, salariés, dettes…) et se retrouver
en difficultés. A noter : la comptabilité des sociétés du secteur
financier (banques, assurances) ne fait pas usage du concept de
cash-flow
.
Pour
l’investisseur · Si une société se
montre capable de générer un cash-flow pérenne et de manière récurrente, elle donne
à l’investisseur l’espoir d’être bien gratifié (rachat d’actions, beau
dividende, en hausse régulière). · Ainsi, pour
certaines actions, notre conseil d’achat est motivé par cette donnée. Epinglons
p.ex. le secteur pharmaceutique où, en dépit des défis auxquels les sociétés
doivent faire face, le cash-flow nous permet de déceler des
opportunités : AstraZeneca (rendement sur dividende
de 4,7 % brut), GlaxoSmithKline (4,9 %) et Pfizer
(6,3 %). Ou encore, dans le secteur des services aux collectivités
Enel (7,5 %) et National Grid (5,0 %)

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