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L'économie réelle à son tour touchée par la crise des crédits ? (28 avr 2008 )
La crise des crédits semble toucher également
l'économie réelle. Qu'entend-on précisément par là ?
La référence à l’économie réelle veut juste dire que les sociétés
qui ne sont pas actives dans le secteur financier pourraient elles aussi
souffrir de la crise actuelle. On peut ainsi déjà observer que les banques, en
raison de la crise des crédits, prêtent moins d’argent aux sociétés. Et
lorsqu’elles le font, c’est à des conditions moins favorables qu’avant, ce qui
limite les possibilités d’investissement pour les sociétés et pèsera à terme sur
leurs bénéfices. Les mauvaises nouvelles sur l’économie minent aussi l’optimisme
des consommateurs qui réduisent ainsi leurs dépenses. Une des victimes dans ce
cas est par exemple le secteur automobile où les ventes de Renault dans les
pays occidentaux ont été moroses au premier trimestre. La crise des crédits, à
la base des problèmes actuels, semble donc bien toucher progressivement
l’économie réelle. Nous pouvons même d’ores et déjà affirmer que l’économie
américaine est tombée en récession alors que l’Europe n’est pas non plus à
l’abri d’un ralentissement, comme semble notamment l’indiquer la forte baisse
récente du baromètre qui mesure la confiance des chefs d’entreprises allemands.
Nous ne voyons cependant pas non plus de raison de verser dans un pessimisme
outrancier. Après de nombreuses années de plantureux bénéfices, les sociétés
disposent encore de réserves financières considérables. De plus, certains
secteurs semblent jusqu’à présent insensibles à la crise. C’est par exemple le
cas du luxe. Le fabricant italien de voitures de luxe Lamborghini a ainsi encore
affirmé récemment ne pas du tout souffrir de la crise et le groupe de luxe LVMH
semble lui aussi bien résister. En résumé, s’il ne fait plus de doute que la
crise financière a été l’élément déclencheur de la crise économique actuelle, il
reste maintenant à savoir combien de temps cette crise durera encore. En
attendant, nous partons du principe que la situation ne devrait pas s’améliorer
avant la fin de l’année.

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